29 septembre 2006

Le Pen dans le texte

Jean-Marie Le Pen et le Front national accusent les hommes politiques d’être corrompus, malhonnêtes, d’être méprisants à leur égard ? Le Pen se présente comme le renouveau de la Politique, comme un modèle de droiture et d’honnêteté ? Lisez Le Pen dans le texte avant de voter pour lui… (texte issu de données de Wikipédia et du MRAP.)

Janvier 1960 Condamné pour des menaces de mort proférées à l’encontre d’un commissaire de police.

27 avril 1964 Condamné pour coups et blessures volontaires.

1965 Condamnation pour «apologie de crimes de guerre» pour un disque de chants du IIIème Reich comportant des titres comme l'Hymne du parti nazi ou Vive Hitler.

16 janvier 1969 Condamné à trois mois de prison avec sursis et 20 000 F de dommages et intérêts pour coups et blessures volontaires par le Tribunal de grande instance de Paris.

14 janvier 1971 Deux arrêts de la Cour de cassation confirment sa condamnation pour «apologie de crimes de guerre », motivée par le contenu de disques édités par la SERP, dirigée par Jean-Marie Le Pen. La pochette d'un disque édité par la Serp affirmait : « La montée vers le pouvoir d'Adolf Hitler et du Parti national-socialiste fut caractérisée par un puissant mouvement de masse, somme toute populaire et démocratique, puisqu'il triompha à la suite de consultations électorales régulières, circonstance généralement oubliée. »

11 mars 1986  Condamné au franc symbolique pour « antisémitisme insidieux » (peine confirmée en appel le 9 juillet). Jean-Marie Le Pen s'en était violemment pris à des journalistes juifs ou d'ascendance juive : « Je dédie votre accueil à Jean-François Kahn, à Jean Daniel, à Yvan Levaï, à Elkabbach, à tous les menteurs de la presse de ce pays. Ces gens-là sont la honte de leur profession. Monsieur Lustiger me pardonnera ce moment de colère, puisque même Jésus le connut lorsqu'il chassa les marchands du temple, ce que nous allons faire pour notre pays. » Et il leur accordait comme circonstance atténuante de n'avoir « appris le français que récemment ».

27 mars 1986  Reconnu coupable d'apologie de crimes de guerre dont la déportation pour l'édition d'un disque sur lequel on peut entendre « un hymne du parti nazi » et « Vive Hitler ».

6 mai 1987 En parlant des malades du sida, le 6 mai 1987, à la télévision (Antenne 2), il dit : « Les sidaïques, en respirant du virus par tous les pores, mettent en cause l'équilibre de la nation. (…) Le sidaïque est contagieux par sa transpiration, sa salive, son contact. C'est une espèce de lépreux.» 

16 novembre 1987 Condamné à 3000 F d'amende et 8000 F de dommages et intérêts à verser au MRAP pour « provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale » par le Tribunal de Paris à la suite de la distribution d'un tract lors des élections municipales de 1983.

16 novembre 1987 Condamné lors du même procès à 5 000 F d'amende pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale » pour ses propos lors d'une l'émission du 14 février 1984, selon lesquels « le monde islamo-arabe » constituerait un « danger mortel ». Peines confirmées par la Cour d'appel de Paris (11ème chambre) le 29 mars 1989.

28 janvier 1988 Arrêt de la cour d'appel de Versailles à la suite des propos de Le Pen considérant l'existence des chambres à gaz comme «un point de détail de l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale» (lors du Grand Jury RTL- Le Monde du 13 septembre 1987)

2 septembre 1988 Le 2 septembre 1988, lors d'une réunion publique : « Monsieur Durafour et Dumoulin, obscur ministre de l'ouverture dans laquelle il a d'ailleurs immédiatement disparu, a déclaré : nous devons nous allier aux élections municipales, y compris avec le Parti communiste, car le PCF, lui, perd des voix tandis que l'extrême droite ne cesse d'en gagner… M. Durafour-crématoire, merci de cet aveu. »

11 août 1989 Interview dans le journal d’extrême droite Présent : «Les grandes internationales, comme l'internationale juive, jouent un rôle non négligeable dans la création d'un esprit antinational

26 août 1989 Discours de La Trinité-sur-Mer, sur les Droits de l'homme : «La Déclaration des droits de l'homme est la mère de tous les grands mouvements totalitaires du XXe siècle, car très rapidement, l'aspiration à l'humanisme et à l'humanitarisme débouche sur la terreur

11 janvier 1990 Jugement du tribunal de grande instance de Nanterre pour assertion «coupablement choquante et en elle-même intolérable» et «atteinte très grave au souvenir, au respect et à la compassion dues aux survivants du génocide et de leurs familles».

23 mai 1991 Condamné par la Cour d'appel de Lyon pour « utilisation du terme SIDA pour stigmatiser l'immigration qui représenterait un danger aussi grave que la maladie porte une atteinte intolérable à la dignité des malades, qui ont droit au respect et à la solidarité et également une atteinte intolérable à la dignité des populations immigrées ».

18 décembre 1991 Condamné par la cour d'appel de Versailles pour « banalisation de crimes contre l'humanité » et « consentement à l'horrible » pour avoir déclaré : « Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. [...] Si, c'est un point de détail ! Voulez-vous me dire que c'est une vérité révélée à laquelle tout le monde doit croire, que c'est une obligation morale ? Je dis qu’il y a des historiens qui débattent de ces questions. »

29 février 1992 Rencontre secrète à Saint-Raphaël, en compagnie d'Alain-Gérard Georgi-Samaran, délégué du FN au Paraguay et en Argentine, de Le Pen avec Armando Nano qui gère une imposante fortune dans les Caraïbes et en Amérique latine depuis sa propriété installée dans la microscopique république antillaise de Saint-Vincent. En décembre 1996, deux magistrats italiens du pool «Mani pulite» [Mains Propres] font procéder à plus d'une centaine de perquisitions chez les proches et les hommes de paille d'Armando Nano, condamné ensuite à quatre années de prison en première instance pour escroquerie (une société contrôlée par Nano mettait en vente des parts d'une carrière de marbre noir au Pérou, en promettant un gain de quarante dollars pour une mise de un dollar). La petite république d'opérette de Saint-Vincent, dont Nano est l'un des banquiers en vue, vient d'être accusée par le Département d'Etat américain de servir de plaque tournante au blanchiment de l'argent de la drogue. De même les anciens dirigeants du Paraguay protecteurs de Nano étaient dans le collimateur des services antidrogue des USA. (Le Canard enchaîné, 22/04/98)

27 mai 1992 Condamné pour « diffamation » par le tribunal de grande instance de Paris à 1 F symbolique de dommages et intérêts à Jean-Christophe Cambadélis. Jean-Marie Le Pen avait qualifié le député PS d'« ancien — ou toujours — trotskiste, et ami des organisations terroristes allemandes » (Le Monde, 7 juin 1992).

3 juin 1993 Condamné à 10 000 francs (1 524 euros) d'amende par la Cour d'appel de Paris « injure publique » au ministre de la Fonction publique de l'époque, Michel Durafour (« Durafour-crématoire »). Le 7 décembre de la même année, la Cour de cassation a rejeté son pourvoi.

8 juin 1993 (pourvoi n°89-83298) : Cassation partielle de l'arrêt de la cour d'appel de Paris du 29 mars 1989 en ses dispositions portant condamnations pénales et civiles du chef du délit de provocation à la discrimination raciale. Pour la cour d'appel, Le Pen « met l'accent sur le "monde islamo-arabe qui actuellement pénètre dans notre pays" et le "danger mortel" pour les français de se voir ainsi "colonisés" ; que de tels propos sont de nature à créer dans l'esprit des français l'idée qu'ils sont menacés dans leur identité même par la présence sur leur térritoire de musulmans venant du tiers monde, à faire naître envers ce groupe déterminé, à raison de sa religion des réactions de rejet et à provoquer des actes discriminatoires voire de violence » alors que pour la Cour de cassation, « les expressions reprochées au demandeur ne désignaient aucune personne ou aucun groupe de personnes autre que des populations étrangères indéterminées, n'étaient de nature à inciter le public ni à la haine, ni à la violence, ni à la discrimination raciale et n'avaient pas dépassé les limites du droit à la libre expression sur le phénomène de l'immigration, la cour d'appel a dénaturé les propos incriminés et fait une fausse application de l'article 24 alinéa 6 de la loi du 29 juillet 1881 »  

Juin 1993 Condamnation par la cour d'appel de Paris à 10 000 F (1 500 euros) d'amende pour insultes et les propos «Durafour-crématoire» sur le ministre de la Justice.

28 juin 1995 Condamnation par le Tribunal administratif de Paris pour fraude fiscale« oublis de plus-value boursière et sous-estimation de loyer »., au paiement de l'impôt et de pénalités de retard, soit 1,4 millions de francs, pour les années 1978, 1979,1980 et 1981 (revenus de placements en bourse d'un montant de 754.361 francs en 1979 et 391.489 francs en 1980, revenus d'origine indéterminée pour un montant de 591.500 francs, dont 587.500 francs versés en espèce sur son compte bancaire, revenus fonciers correspondant au loyer dérisoire versé pour la location de son pavillon à Saint-Cloud pendant 4 ans, consenti... par la SCI dont les deux époux Le Pen détenaient la quasi-totalité des parts (Marianne, 1998 et Dossiers du Canard, L'enfer du fisc, 1999)

1996 La Résistance : «Le général De Gaulle était-il plus courageux que ne l'était le Maréchal en zone occupée ? Ce n'est pas sûr. C'était plus facile de résister à Londres que de résister en France. Ah oui, beaucoup plus.» (interview sur TF1.)

20 mars 1996 Droits de la femme : «L'affirmation que votre corps vous appartient est tout à fait dérisoire. Il appartient à la vie et aussi, en partie, à la nation.» (interview dans le Le Parisien)

13 avril 1996 Quelle sera l’attitude du FN envers les politiques actuels une fois au pouvoir ? «Députés et politiciens peuvent partir pacifiquement tant qu'il en est encore temps (...) Je ne suis pas certain que, en des temps futurs, ils en auront le loisir tant la colère légitime du peuple sera exigeante.» (Meeting à Paris)

15 novembre 1996 Condamné par le tribunal de grande instance de Mont-de-Marsan à 10 000 F de dommages et intérêts pour avoir tenu des propos ayant « gravement porté atteinte » au président du tribunal d'Auch (Le Monde, 17 novembre 1996).

6 janvier 1997 Condamné à 6 000 F d'amende et 1 F symbolique de dommages et intérêts par le tribunal de Strasbourg pour avoir qualifié l'association Ras l'front de « mouvement de tueurs de flics ».

17 février 1997 Confirmation par la cour d'appel de Rouen de l'arrêt de la cour d'appel de Paris déboutant Le Pen, non diffamé par Michel Rocard qui avait déclaré que « Le Pen avait pratiqué la torture en Algérie. »

4 juillet 1997 Condamné par le Tribunal de Paris pour propos racistes.

5 décembre 1997 Déclaration à Munich à un congrès des néonazis : «sur un livre de 1 000 pages, les camps de concentration occupent deux pages et les chambres à gaz 10 à 15 lignes. Cela s'appelle un détail.(…) J'ai dit et j'ai redit, au risque d'être sacrilège, que les chambres à gaz sont un détail de l'histoire de la seconde guerre mondiale» (condamnation et levée de son immunité parlementaire par le Parlement européen)

26 décembre 1997 Condamné à 300 000 F de consignation pour diffusion du jugement dans des journaux, à verser entre un franc symbolique et 5 000 F de dommages et intérêts à onze associations plaignantes, et à payer leurs frais de justice par le Tribunal de Nanterre pour « banalisation de crimes contre l'humanité, consentement à l'horrible », pour avoir dit que « dans un livre de mille pages sur la Seconde Guerre mondiale, les camps de concentration occupent deux pages et les chambres à gaz dix à quinze lignes, ce qui s'appelle un détail ». Le 10 septembre 1999, la cour d'appel de Versailles confirme la peine (Le Monde, 15 septembre 1999).

Février 1998 Invité d'honneur de l'ambassade d'Iran à Paris à l'occasion du 19e anniversaire de la révolution islamique, J.-M. Le Pen a déclaré: « J'y ai été reçu comme un prince en son domaine » (Libération 12/02/98).

2 avril 1998 : condamné à deux ans d'inéligibilité (réduits à un an par la cour d'appel, qui ajoute 8000 F d'amende) et trois mois de prison avec sursis par le Tribunal correctionnel de Versailles pour « violences en réunion » et « injures publiques » (faits qualifiés par la Cour d'appel en « violences sur personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions ») pour avoir agressé la maire et candidate socialiste Annette Peulvast-Bergeal (qui portait son écharpe d'élue) lors des législatives de 1997.

9 septembre 1998 : condamné au franc symbolique pour avoir présenté une tête en carton à l'effigie de Catherine Trautmann, ministre de la Culture et opposante au Front National et aux néonazis alsaciens, en guise d’avant-goût de l’arrivée au pouvoir du FN lors d'un meeting du Front national en 1997.

27 novembre 1998 : condamné par le tribunal de grande instance de Nanterre à 10 000 F de dommages et intérêts à l'Union des étudiants juifs de France pour avoir déclaré « Je crois à l'inégalité des races », lors de l'université d'été du FN, le 30 août 1996 (Le Monde, 27 novembre 1998).

3 décembre 1998 : José Péruga, conseiller municipal de Frontignan (Hérault) : Le Pen cautionne «un système népotique et une exploitation honteuse des militants», Les «courtisans» de Le Pen «ont droit à tous les égards», et en particulier deux de ses filles, Yann, l'épouse de Maréchal, et Marine, salariées par le FN «23 000 F par mois» l'une, «30 000 F net par mois» l'autre. (Libération, 3/12/1998)

22 mars 1999 Un fusil à pompe (à balles de caoutchouc), un revolver, cinquante cartouches, des grenades lacrymogènes, une bombe anti-agression, deux gilets pare-balles, un détecteur de radars de la police... découverts par des policiers belges lors d'une patrouille de routine dans le coffre d'une voiture utilisée par Jean-Marie Le Pen (On venait de dérober un téléphone portable par la vitre avant droit brisée d'une Peugeot 605 immatriculée en France) A la recherche des propriétaires du véhicule, les policiers ont retrouvé plus tard dans la soirée, dans un restaurant, le président du FN, son chauffeur et son garde du corps. Ce dernier a expliqué que ces armes lui servaient à assurer la protection de Jean-Marie Le Pen, privé de son escorte policière française (!) sur le territoire belge. Il n'aurait toutefois pas pu produire de permis de port d'armes valide, notamment pour le fusil à pompe pour lequel il est exigé en Belgique. Les trois hommes ont été emmenés au commissariat. Le Pen, qui n'avait pas sur lui sa carte de député européen, a fini par être relaxé, après avis du ministère public. Jean-Marie Le Pen, qui se trouvait à Bruxelles pour la session du Parlement européen, riposte benoîtement que "ni la voiture ni les armes ne lui appartiennent", ce qui n'est pas vraiment la question. Le parquet de Bruxelles " examine l'opportunité de demander la levée de l'immunité du parlementaire" pour l'interroger."

10 juin 1999 Condamné à 12 000 DM (environ 6 000 €) d'amende par le tribunal d'instance de Munich pour incitation à la haine raciale et apologie de crime de guerre, i.e. « le point de détail » (MRAP, avril 2002) 

2 avril 2004 Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Jean-Marie Le Pen à 10 000 euros d'amende pour provocation à la haine raciale, en raison de propos tenus l'an précédent dans une interview au quotidien Le Monde (il avait déclaré notamment « Le jour où nous aurons en France, non plus 5 millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont »). Jean-Marie Le Pen devra également verser 5 000 euros de dommages et intérêts à la Ligue des droits de l'homme et la même somme à la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), qui étaient parties civiles. Décision qui sera confirmée le 11 mai 2006 par la chambre criminelle de la cour de cassation. 

7 janvier 2005 « En France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés. [Sur le « drame »d'Oradour-sur-Glane] il y aurait beaucoup à dire. (...) Si les Allemands avaient multiplié les exécutions massives dans tous les coins comme l'affirme la vulgate, il n'y aurait pas eu besoin de camps de concentration pour les déportés politiques. (...) Ce n'est pas seulement de l'Union européenne et du mondialisme que nous devons délivrer notre pays, c'est aussi des mensonges sur son histoire, mensonges protégés par des mesures d'exception. D'où notre volonté constante d'abroger toutes les lois liberticides Pleven, Gayssot, Lellouche, Perben II." (interview dans Rivarol, journal négationniste et partisan de l’apartheid en France, 7/01/2005)

Commentaires

Textes issus du MRAP. J'ai écrit un article sur cette assoc totalitaire qui a voulu interdire un dico dirigé par REY (à l'opposé du FN)

Écrit par : Fabrice | 29 novembre 2006

non, pas association totalitaire. Je driais plutôt association communautariste (ça n'engage que moi). Le texte date d'y il a quelques années (avant la dérive du MRAP), et complété par Wikipédia et deux ou trois données perso (j'arrive pas à harmoniser la typo.)

Écrit par : Pierre | 30 novembre 2006

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