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20 février 2007

Nicolas Sarkozy et les sectes

Les athées sont « sans espérances » pour Nicolas Sarkozy. C’est sûrement pour cela qu’il décida de recevoir en août 2004, dans les murs d’un ministère de la République (à Bercy), un bon apôtre de l’Eglise de Scientologie, l’acteur américain Tom Cruise.

Dans l’entourage du ministre, on jura que la discussion entre Sarkozy et son prestigieux convive n’avait porté que sur « le cinéma et les relations franco-américaines » (sujets mondains s’il en est, mais somme toute assez éloignés des prérogatives du ministre de l’Economie et des Finances). Pourtant, Tom Cruise déclara donc sans ambages devant la presse peu après : « Nous avons parlé de tout, de scientologie, de cinéma, de vie familiale ». Et la porte-parole en France de la Scientologie de surenchérir, en reconnaissant que ce fut « un bon coup de pub ».

Cette rencontre très show-biz prêterait à sourire, s’il n’y avait pas derrière tout cela la question sensible du pouvoir grandissant des sectes dans notre société. Mais sur ce point, Sarkozy tient des propos plus que douteux. Dans son livre d’entretiens La République, les religions, l’espérance (Paris, Editions du Cerf, 2004), il appelle à ne pas faire d’amalgame entre « les sectes dangereuses et les nouveaux mouvements spirituels ». Prudence coupable quand on sait que la Scientologie use de tous les moyens d’influence, et notamment de ses stars hollywoodiennes, pour accréditer son image de « nouveau mouvement spirituel ».

Pourtant, de rapports parlementaires en commissions d’enquête, l’Eglise de Scientologie a été régulièrement décrite comme un mouvement sectaire fondé sur l’endoctrinement et l’extorsion de fonds de ses disciples. De quoi inquiéter, d’autant plus qu’une enquête de l’émission 90 minutes de Canal Plus a démontré qu’à l’arrivée de Sarkozy au ministère de l’Intérieur, les enquêtes à l’encontre de la Scientologie furent pour le moins ralenties.

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