26 janvier 2009
Se révolter
L’idée socialiste, comme le communisme ou encore l’écologie, est née de la révolte. Son origine est l’étonnement en tant qu’il entraine le refus d’un système, d’un dogme. Face à cet affront, le libéralisme économique et le capitalisme financier ont créés des systèmes d’aliénation des Hommes.
Comprenons, si l’humanité s’organise en sociétés, c’est pour répondre à la volonté générale et à un intérêt commun, celui du lien social, de l’échange, de la défense…. Ici, le capitalisme financier a remplacé la volonté générale par la volonté de tous qui comme le souligne Rousseau, n’est pas l’intérêt commun mais l’intérêt particulier de quelques uns déguisé en volonté générale.
En créant le mythe d’une société où la concurrence peut amener le bonheur et en faussant le système en créant les grands capitaux surpuissant, le capitalisme financier a systémisé l’exploitation de l’Homme par l’Homme. Il a placé l’idée que l’Homme peut exploiter son frère sans problème, sans que cela choque. C’est devenu une habitude pour beaucoup et malheureusement, cette aberration ne vaut plus leur combat, trop imbus par le soi-disant bonheur procuré par la société de consommation servant directement les grands capitaux et par là même les quelques actionnaires qui asservissent la société.
Lorsque l’on sait que ce qui est conforme est ce qui est admis par la société comme normal, comme habituel, la révolte est aujourd’hui devenu étrangère au plus grand nombre. Pourquoi se révolter contre une société qui est « normale» ? Voilà le discours de nombre de nos compatriotes, voilà le discours à réformer, à abattre, à changer. Interdire la révolte n’est autre qu’interdire le progrès ; car le progrès c’est le fait de changer quelque chose, plus ou moins graduellement.
D’un point de vue, le progrès est indissociable de la révolte car que ce soit en politique ou dans les sciences, la révolte est la remise en cause d’une autorité. Quand Galilée annonce que la terre tourne autour du soleil et donc que ce n’est qu’un objet dans l’univers, il remet en cause les dires de l’Eglise catholique obscurantiste. Lorsque Solidarnosc se lance aux élections en Pologne, c’est la remise en cause du despotisme soviétique.
Alors pourquoi ne pas se révolter contre le règne de l’argent ? Pourquoi ne pas se révolter contre les spéculateurs, contre le capitalisme financier, créateurs de haine et de guerre ? N’est ce pas l’antithèse du libéralisme, l’exaltation du conservatisme que de refuser la révolte, que de refuser le progrès ?
14:19 Ecrit par MJS Savoie dans Socialisme & théorie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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21 janvier 2009
Crise législative
L'UMP tente de faire taire l'opposition, les socialistes, communistes, verts et républicains du groupe UMP s'offusque et demandent la démission du président de l'assemblée.
12:06 Ecrit par MJS Savoie dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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14 janvier 2009
Epicurisme et fausses promesses
« Douceur, lorsque les vents soulèvent la mer immense,
D’observer du rivage le dur effort d’autrui,
Non que le tourment soit jamais un doux plaisir,
Mais il nous plaît de voir a quoi nous échappons. »
Tel est la ligne de vie de beaucoup. Mais comment rester là, sans rien faire, lorsque l’on voit les autres dans l’enfer que l’on a construit pour eux. De la même manière : comment dire aux Français qu’il est indispensable de travailler plus pour gagner plus alors que l’on ne se prive pas pour mener un train de vie royal et de transformer la patrie des droits de l’Homme en monarchie à apparence républicaine. N’est ce pas rompre le contrat social que de demander a chacun de mettre en commun sa personne et toute sa puissance non pas sous la suprême direction de la volonté générale, mais sous celle de l’inébranlable cigale ? Et oui, la cigale ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvu quand la crise fut venue…. Elle alla demander a ses sujets, les Français, mais aussi les Africains, les Européens… de ce serrer la ceinture, pour qu’elle puisse continuer à chanter.
Bref ! Comme le transcrit Lucrèce, la sagesse épicurienne enseigne à se mettre en posture d’observation, en prenant du recul, à l’abri, et de regarder les autres trimer et chercher leurs voies. Je vous reporte au poème La Sagesse, publié dans le recueil de poème de Lucrèce : De la nature. Et sur ce point, nombre de Français, ainsi que nos dirigeants, sont en parfait accord avec les conseils qui y sont prodigués : laissons donc les autres se débrouiller et mettons nous en pleins les poches.
Ces mêmes personnes viendront par la suite citer du Jaurès et se dire de la glorieuse et éternelle France de la Révolution et celle de la Libération. Mais, difficile de ne pas voir en eux l’hypocrisie la plus totale, le mensonge le plus profond et surtout l’égoïsme complet. Toujours à quémander le sou, celui pour lequel le peuple trime, sans jamais arriver à se détacher des lingots qui jonchent leurs coffres. Il n’est pas question d’abroger la propriété privée, mais de rendre au peuple ce qui lui revient.
D’une part, la liberté d’entreprendre. Ce qui est souhaitable dans un état de libre concurrence, c’est que les individus puissent s’insérer sur n’importe quels marchés sans être tout de suite assommé par les grands groupes. Il faut rétablir cette liberté qui a été confisquée par le financier et l’Etat. La Bourse ne représente en aucun cas la liberté de commercer mais l’aliénation de cette liberté par un petit groupe de dirigeants. Si ce gouvernement est légitimement élu, il l’est sur la base de ses idées, sinon il ne l’est point auquel, cas il aurait manipulé les masses, par exemple, en accaparant à l’avance la complaisance des médias. Ainsi, sur une base idéologique explicitement énoncée, l’exécutif sorti des urnes s’affichait libéral, un positionnement impliquant logiquement la volonté de combattre les monopoles, pourfendeurs de la sacro-sainte concurrence, à l’instar de ce que proposait d’éminents économistes libéraux comme Ricardo. Ces derniers recommandent aussi que l’Etat fasse en sorte de gommer les frontières afin d’aboutir à une allocation optimale des ressources entre zones économiques : marchandises, capitaux et travailleurs devraient librement franchir les frontières et s’installer ou la production nécessite ces ressources. Un gouvernement libéral qui s’assume ne pourrait ainsi pas mettre en dehors du marché du travail des gens travaillant là où l’offre de travail dépasse le nombre de demandeurs d’emplois. Au final, un gouvernement libéral qui expulserait des travailleurs de son territoire, alors que ces derniers viennent d’une branche où la main d’œuvre manque, se renierait et ruinerait les espoirs placés en lui à l’occasion de sa désignation populaire.
Les exemples sont nombreux, mais comment parler de gouvernement légitimement au pouvoir si ce même gouvernement pratique une politique aux antipodes des promesses faites. Vous rétorquerez : « comment un parti se disant de l’idéologie marxiste et rejetant toute alliance avec les membres de son propre bord peut continuer de se dire de celui qui prônait le rassemblement des masses de gauche, comme le disait Marx ? » Ne soyons pas choqué, l’hypocrisie ne vient pas uniquement des gouvernements bourgeois et de la finance, nombre de nos camarades dits « à la gauche du Parti Socialiste" l’utilisent continuellement. Un combat de plus à mener camarades !
AF

21:25 Ecrit par MJS Savoie dans Socialisme & théorie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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07 janvier 2009
L'argent roi, le président argenté
« Alors moi, en 2012, j’aurai 57 ans, je me représente pas. Et quand je vois les milliards que gagne Clinton, moi, je m’en mets plein les poches ! », Nicolas Sarkozy pour Le Point, article « Sarko off » paru le 3 juillet 2008.
Cette citation passée inaperçue dans les médias est une véritable honte pour l’odieux personnage qui nous gouverne. Camarades, comment peut on laisser passer cela sans réagir ? Le gouvernement, de par ses actions depuis le début de son mandat, ne fait qu’animer le mythe de l’argent roi pour asservir nos concitoyens. Le slogan du « travailler plus pour gagner plus » en est le point d’orgue. Mais, passons, cela à déjà été débattu…
Le fait est que nous sommes gouvernés, et n’ayons pas peur des mots, par un gouvernement pourri par l’argent, sans valeurs aucunes, sans véritables convictions. Sinon, comment ce Président, prophète d’un libéralisme extrême tout droit sorti de l’école de Chicago, aurait il pu cautionner le relèvement des banques par l’intervention de l’Etat ? Comment cautionnerait il l’augmentation de la dépense publique dont la France est la championne toutes catégories confondues ? Est-ce qu’il aurait pu laisser faire cela, portrait de Smith sous le bras, main invisible dans le dos, laisser le marché se faire marcher dessus par un Etat tentaculaire et même communiste (aux dires des républicains américains) qui n’a pour seule volonté que d’écraser les libertés individuelles et assouvir les volontés impérialistes de celui qui en est le dirigeant.
Cela pose un nouveau problème, comment interpréter le fait que l’Etat tentaculaire en question, restreignant les libertés et dépensant à la place du privé est dirigé par le maître idéologique du libéralisme en France ? Tout simplement parce que ce maître à agir, plus qu’à penser, est non pas là par convictions mais par intérêts, et quels intérêts camarades, celui de l’argent, du « froid intérêt, » des « dures exigences du "paiement comptant"» (Manifeste du parti Communiste, Marx et Engels). Je n’irai pas plus loin dans mes propos. La citation prise au départ est assez claire. C’est le retour des gouvernements dit « bourgeois », nous ne devons n’y y participer, n’y collaborer. Ce sont des prélats du Dieu argent et non les représentants de la nation !
« L’Etat opprime et la loi triche ;
L’Impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche ;
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois ;
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
« Égaux, pas de devoirs sans droits ! » »
20:36 Ecrit par MJS Savoie dans Socialisme & théorie politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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05 janvier 2009
Gaza : pour un droit à la sécurité partagé
Alors que l’intervention militaire israélienne s’intensifie dans la bande de Gaza, les victimes palestiniennes s’accumulent et les perspectives d’un achèvement pacifique du conflit israélo-palestinien s’éloignent encore et toujours. Alors que le chef des hôpitaux de Gaza annonçait déjà 512 morts dans les rangs palestiniens, dont 87 enfants, et plus de 2450 blessés suite aux frappes israéliennes, Tsahal continuait de frapper durement la population palestinienne retranchée derrière les murs de ce qui ressemble de plus en plus à un camp de concentration.
Au motif de se prévaloir d’un droit fondamental, le droit à la sécurité, le gouvernement israélien prend pour cible les populations civiles en affirmant ne s’en prendre qu’aux éléments radicaux du Hamas. Le droit à la sécurité d’Israël, c’est la traduction de l’article 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948) qui dispose que les droits humains fondamentaux sont violés dès lors que la sécurité des personnes est menacée. Il s’agit donc de mettre un terme aux tirs de roquettes en provenance de Gaza qui sèment la panique au sein des populations israéliennes jouxtant la frontière. Ces attaques, trois à dix roquettes tirées quotidiennement en période « normale », perpétrées aveuglément contre des civils sont intolérables et injustifiables. Tout aussi intolérables sont les crimes commis par les Israéliens à l’encontre des civils palestiniens : déjà lourdement sanctionnés par les embargos et blocus économiques infligés par Israël, les Gazaouis subissent maintenant les affres d’une guerre brutale – selon les mots d’un éminent expert militaire français – qui enterre pour encore certainement longtemps les espoirs de paix dans cette région du monde où les violences continuent depuis plus de cinquante ans maintenant, et qui envenime davantage une situation humanitaire jugée catastrophique avant même l’intervention militaire de ces derniers jours.
Le tableau est en effet alarmant avec 1.5 millions d’habitants peuplant un territoire de 40 kilomètres de long et 10 de large, soit une des plus fortes densités urbaines dans le monde (4000 habitants au km² !), privés de tout et retranchés derrière des murs infranchissables. De nombreuses ONG tentent d’interpeller la communauté internationale depuis longtemps quant aux multiples bafouements des droits de l’homme en ce lieu. Et la guerre aujourd’hui noircit davantage le tableau : 75 % du réseau électrique ne fonctionne plus, un tiers des habitants n’a pas accès à l’eau, et « tout le système d'approvisionnement (eau, électricité, égouts) est sur le point de s'effondrer", annonce Gisha, une organisation israélienne de défense de la liberté de mouvement. Et pour cause, les réseaux de fluides gazaouis sont en dépendance totale vis-à-vis du voisin israélien qui dispose de la capacité unilatérale de couper les robinets quand bon lui semble. Cette dépendance ne se limite pas aux fluides puisque la majeure partie des biens consommés par la population gazaouie est en provenance d’Israël, unique fournisseur pour les importations palestiniennes. Conséquemment, les fermetures fréquentes des points de passage entre Israël et Gaza ne font qu’asphyxier toujours plus une population déjà sous nourrie et rendue incapable d’assurer son propre développement puisque les biens industriels sont importés et que les rendements de l’agriculture sont directement liés aux quantités d’eau délivrées par Israël.
L’économie gazaouie est aujourd’hui effondrée, avec des taux de chômage oscillant entre 40 et 60 % de la population active. Pour y remédier l'Autorité palestinienne a tenté d’assurer la survie artificielle de l'économie en gonflant le secteur public, principalement les services de sécurité, grâce aux aides internationales (on estimait en 2007 que près d'un Gazaoui sur trois était rémunéré par l'Autorité palestinienne). Mais avec l’arrivée du Hamas au pouvoir en 2006 – de manière démocratique et dans la légalité la plus totale - et son coup d’Etat sur la bande de Gaza en 2007 les bailleurs de fonds internationaux ont cessé les transferts financiers directs aux autorités publiques de la bande de Gaza qui ne sont plus en mesure de payer leurs employés. Au final, la population gazaouie connaît des restrictions dans tous les domaines et vit sans travail ni revenu. Depuis 2007, le nombre de camions de livraison s'est réduit de 250 à 45 par jour. Sur les 3 900 manufactures de toute nature recensées en juin 2005, il n'en reste plus que 195 employant seulement 1 750 personnes au lieu de 35 000. Et d’après un rapport de la Banque mondiale, 95 % de l'activité industrielle ont été stoppés suite aux nombreux blocus Israéliens.
L’heure doit donc être, sinon à la relativisation du droit à la sécurité invoqué par Israël pour justifier son intervention militaire à Gaza, à la reconnaissance des bafouements répétés des droits de l’homme à l’encontre de la population gazaouie qui a longtemps souffert de la colonisation – et son corollaire d’exploitations en tous genres – et qui subit à présent les velléités militaires d’Israël ainsi que la déconsidération de la communauté internationale qui attend trop souvent l’embrasement des conflits pour intervenir. Comme l’a affirmé un représentant palestinien auprès de l’Union Européenne, « la vie d’un Gazaoui n’a pas moins de valeur que celle d’un Israélien ». De même, nous jeunes socialistes affirmons qu’il n’existe pas un droit à la sécurité spécifique pour Israël mais bien un droit à la sécurité universel opposable à la communauté internationale et dont doivent pouvoir se prévaloir les palestiniens, en toute légitimité – les faits parlent d’eux même – et en toute légalité par l’application des divers textes et normes internationales en vigueur qui mentionnent bien des libertés dont les palestiniens sont exclus depuis trop longtemps : liberté de mouvement et de déplacement, liberté d’expression et d’association, droit à une vie sûre pour les civils, droit à l’éducation, droit au retour pour les réfugiés, droit à une alimentation correcte et à une vie digne, liberté d’entreprendre et de développer des activités économiques, droit au travail, etc.
Les négociations de paix doivent commencer par ce point en premier lieu, le traitement humain du conflit, afin de laisser entrevoir l’espoir d’une paix durable entre deux peuples historiquement si proches.
JB
19:12 Ecrit par MJS Savoie dans Affaires internationales | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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