25 février 2009

SOS chomage

 

 

baisse-chomage-super.jpgAlors que le Bureau International du Travail (BIT) annonce 51 millions de chômeurs en plus cette année, une question fait son retour: comment juguler et indemniser ce fléau ? D’après M. Barbier, économistes à la Sorbonne, là ou les indemnités sont les plus importantes pour les chômeurs, la crise ne servira que peu sur l’économie. C’est un contre discours par rapport a ce que notre gouvernement tente de nous faire croire.

A en croire l’économiste, le Danemark serait donc le pays le plus apte à passer outre la crise. Les indemnités y sont en effet imposantes. L’on peut toucher jusqu’à 82% de son ancien salaire avec un plafond a 2000 euros par mois.


Florence Lefresne de l’IRES, regrette quant a elle le durcissement des politiques envers les chômeurs. Cela va bien entendu a l’encontre d’un soutien de la consommation, fer de lance de l’économie et surtout fer de lance d’une relance sociale. Il est évident qu’un gouvernement conservateur, proche de ses privilèges et pour son maintien, la consommation de masse n’est pas un objectif formidable. Les mentalités libérales conservatrices de la droite occidentale ont mis le chômeur en volontaire dans son non-emploi contrairement à ce qu’en disait Keynes et sa théorie ou le chômeur subissait le non-emploi. C’est la base de l’hypocrisie des gouvernements bourgeois ou le grand capital est chomage-chiffres-00037.jpgconsidéré comme le sauveur alors que c’est en son nom que l’on désagrège le système social français….


Gordon Brown, premier ministre anglais à d’ailleurs tilté. Il va verser au plus vite quelques 500 millions d’euros aux chômeurs pour faire face à l’inflation et à la crise.

Les pays les plus touchés par la crise sont les USA et la Grande Bretagne, là ou la pauvreté est dans les moyennes hautes des grands pays industrialisés. C’est aussi dans ces deux pays que les chômeurs touchent le moins d’allocations.

 

En France, d’après l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques, l’assurance chômage s’est durcit et empêché les jeunes et salariés précaires d’y accéder. Les nouvelles prérogatives de l’Unedic prendrons mieux en compte les jeunes chômeurs mais en diminuant l’indemnisation et valeur et en temps. Cela va mettre les chômeurs de longue durée en situation de précarité accrue.

Les analyses montrent une corrélation entre la baisse de l’activité et la hausse du chômage dans les pays flexibles tandis que ce n’est pas le cas dans les pays dit dur comme la France ou l’Allemagne (source Le Monde de l’économie). Ces derniers voient le chômage augmenté à une vitesse nettement moins rapide que la baisse de l’activité économique.


Le BIT appel a une New Deal social. Il s’agit de maintenir l’emploi, de ‘indemniser le chômage et de former les chômeurs. Voilà la solution, voilà une réelle politique de crise !

23 février 2009

Liberman

 

Comme tous nous le savons, l’Iran pose un grave problème à Israël. Il est le financeur notable de ses avants postes se battant contre Israël, le Hamas à Gaza et le Hezbollah au sud-Liban. Ce problème vient du fait que l’Iran est une double identité en son pouvoir. C’est une force islamique qui tente de raser Israël pur des raisons confessionnelles. C’est aussi un Etat-Nation en plein essor. Dans ce dernier cas, Israël est un adversaire parmi d’autre dans la lutte pour la suprématie régional.

 

Bien que les iraniens ne soit pas arabes, mais perses, les iraniens sont solidaires en général de la cause palestinienne, d’autant plus qu’ils ont un allié politique et militaire là bas : le Hamas. Tous mouvement israélien pour s’attaquer à Gaza pourrait provoquer la fronde de Téhéran.

 

Comme vous avez pu le constater, les dernières élections en Israël sont justement dangereuses. La droite et l’extrême droite y sont omniprésentes. Tzipi Livnee (Likoud : Nationaliste et Conservateur) est en tête. Netanyahou (Kadima : centriste, libéral) est second de peu. Et le troisième homme est Liberman, le chef de file d’extrême droite. Les travaillistes sont relégué loin derrière le pelletons de tête.

 

liberman_avigdor.jpgC’est Liberman le grand danger. Les leaders de kadima et du Likoud devront faire avec lui pour accéder au pouvoir. Mais se fameux troisiéme homme est un extrémiste en puissance. Pour luis, les 1.5 millions d’arabes-israéliens sont les ennemis internes de Tsahal. Il prône l’expulsion des députés arabes de la Knesset (parlement israélien). C’est aussi lui qui appel à deux Etat « ethniquement pur ».

 

Pour rappel, Israël compte 7 millions d’habitants dont 1,5 millions d’arabes, 150 000 druzes et 120 000 chrétiens. Sur ces 7 millions d’habitants, 1 millions ont immigrés de l’ex-URSS. Là aussi c’est intéressant. Le défenseur de l’Etat hébreux n’est lui-même pas israélien de souche (à compter qu’il y en ai), il vient de Moldavie et à le soutien de nombreux juifs slaves. Chose étrange aussi pour l’extrême droite du pays, Liberman est un laïc.

 

Liberman, dans son discours, souhaite deux Etats, mais cependant, il refuse tout déplacement de population, sachant certainement que cette option n’engendrerait que réticence et désarroi international. Celui induit cependant un déplacement de frontière, chose difficile a avaler pour les Palestiniens déjà compressés par ses voisins.

 

Enfin est pour revenir au commencement de cet article, Liberman souhaite l’affrontement avec l’Iran, pour en finir avec son voisin nucléaire. C’est ici un danger supplémentaire. C’est ici la continuité au Proche et Moyen Orient.

21 février 2009

Ump Perles

A la maniére des perles du bac, le Parti Socialiste à mis en ligne un site pour demontrer l'ambiguité des propos de la majorité et ses lapsus. C'est drôle, affligeant mais trés instructif.

 

http://umperles.parti-socialiste.fr/

 

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17 février 2009

L'Utopie

Voici un conseil de lecture. Le livre de Thomas More, le premier veritable penseur du socialisme utopiste, l'écrivain de L'Utopie.

 

Pamphlet virulent dirigé contre la société anglaise d'Henri VIII et construction imaginaire proposant en contrepoint l'image d'une société idéale, L'Utopie, publiée en 1516, est la célèbre contribution de l'humaniste chrétien Thomas More au débat philosophique sur les finalités du politique. Ami d'Érasme, dénonçant avec lui les égarements de l'Église et de l'État, More espère, en dressant le tableau de la cité idéale, rappeler à chacun, gouvernants ou gouvernés, la voie du Bien commun. L'inégalité des richesses et l'intolérance religieuse sont les principales cibles de sa critique.


À quoi bon l'utopie ? À force de faire des concessions à l'ordre des choses sous prétexte de réalisme et d'efficacité la réflexion politique finit par perdre toute référence à l'idéal et aux valeurs. Une "utopie" (le mot inventé par More signifie, par ses racines grecques, "lieu qui n'existe pas") n'est donc pas une attitude naïve : symptôme d'une crise morale, elle est aussi et surtout une tentative pour renvoyer une société à ce qu'elle attend d'elle-même. Un rêve, oui, mais pour affermir la volonté politique.

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11 février 2009

Lutter contre toutes les inégalités

Avant les années 80, la gauche se disait en France, de la lutte contre les inégalités économiques. Son histoire le voulait. Mais avec les crises systémiques du début des années 80 et la poussé du néolibéralisme, la lutte contre les inégalités économiques s’est transposée sur le racisme et le sexisme en oubliant le reste. Or c’est le combat de base que la gauche a oublié un temps.

 

Revenons un peu sur ces années. Pourquoi les associations comme SOS racisme ont si bien marché ? Simplement parce qu’il n’était pas question de redistribution des ressources et des moyens de production. C’est un combat consensuel.

 

Mais, la gauche ne doit pas acquiescer ce mouvement s’en se rappeler qu’il faut lutter pour une redistribution des moyens de production. Ces deux combats sont a faire en parallèle. La Justice sociale ce n’est pas que parmi les riches nous devons voir autant de noirs que de blancs, autant d’homos que d’hétéros c’est de voir dans la société, aucune misère, aucune exploitation, en résumé, aucune classe sociale a proprement parler.

 

Seulement, la droite a « désamorcé la question sociale en la reformulant en problème d’identité nationale » [Le Monde Diplomatique]. Ainsi, la classe bourgeoise se maintient en se diversifiant…. Quelques jours après avoir mis en place le ministère de l’immigration et de l’identité nationale, Sarko déclara : « la diversité est bonne pour tout le monde ». Ambigüe, non ?

 

9782732435077FS.gif Il est impératif pour la gauche, de remettre au centre du débat la redistribution des richesses dans un premier temps puis la redistribution des moyens de production afin de ne pas laisser des débats identitaires faire passer le capitalisme comme unique solution au débat économique. Rappelons que Bobby Seale, cofondateur des Black Panthers déclarait il y a bientôt 40 ans : « Nous ne combattrons pas l’exploitation capitaliste grâce à un capitalisme noir. Nous combattrons le capitalisme par le socialisme. »

 

Il ne faut donc pas « analyser l’inégalité comme une conséquence de nos préjugés […] [mais] de notre système social. » (Walter Benne Michaels). Il est temps de remettre les vraies questions sur la table sans oublier nos combats actualistes.

10 février 2009

Le fameux milliard quatre du président

 

Lors de son allocution télévisée, le président devant les journalistes plantes vertes et les téléspectateurs, a promis 1,4Mds d’euros pour le social. Ces soussous viendraient soi-disant des intérêts reversés par les banques à l’Etat suite aux différents prêts contracter par les groupes bancaires pour leurs recapitalisations.

 

Seulement, l’Etat est endetté, donc l’argent qu’il a prêté aux banques ne vient pas des coffres de la banque de France, mais bel et bien d’obligations émises par l’Etat. Rappelons qu’une obligation est selon le dictionnaire d’économie et de sciences sociales Hatier, un « titre de créance à long terme émis par une entreprise, une institution publique ou l’Etat lorsqu’ils empruntent des fonds auprès des épargnants ». Evidement, les obligations nécessitent des intérêts auprès des détenteurs d’obligations. Donc, si l’Etat emprunte de l’argent, il paie des intérêts. L’argent emprunté servant a être prêter, les banques versent des intérêts a l’Etat, qui lui paie les intérêts qu’il doit…. Comprenez-vous ? Cet argent n’a pas d’odeur, cet argent ne sert qu’à renflouer les faiseurs de crise, les spéculateurs, les amis du président…. Ô rage ! Ô désespoir ! Ô argent ennemi !

 

 

Au passage, voici comment un simple étudiant ayant eu son bac d’économie arrive à détruire l’argumentaire d’un ancien bachelier en économie. On comprend pourquoi l’on s’attaque à l’éducation, pour que personne dans le futur ne puisse réagir !

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08 février 2009

Météo des expuslsions !

 

 

05 février 2009

Total contrôle

 

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Cette article est tiré du site de Télérama

 

 

C'est un arbre vénérable, aux racines profondes mais au feuillage ­léger : l'Arbre de la liberté qu'on plantait jadis sur les grand-places et que les bourrasques de l'Histoire ont tour à tour ployé et redressé. Depuis que Nicolas le jardinier s'en est vu confier l'entretien, un méchant coup de froid s'est abattu sur lui : des branches cassent, les libertés publiques se ramassent à la pelle. Pluie de lois répressives votées par le Parlement, création d'une ribambelle de délits, alourdissement des peines, augmentation spectaculaire des gardes à vue et des condamnations pour outrage, multiplication des expulsions, des atteintes au droit d'expression et à la présomption d'innocence : Gnafron joue du bâton ! Et certains craignent qu'il ne s'attaque au tronc.

 

« Tous paranos ! » affirment des défenseurs de cette politique sécuritaire. Peut-être, mais l'Histoire nous y autorise. Quand le chef de l'Etat endosse un costume de justicier, il n'est pas interdit de suivre le conseil de Marc Crépon : « La question qui hante, qui devrait hanter toute démo­cratie, écrit le philosophe dans son ­dernier essai, La Culture de la peur, pourrait être la suivante : comment être sûr que les mesures de sécurité qui sont prises pour répondre aux présupposées peurs des citoyens ne portent pas en elles une insécurité plus grave encore que celles qu'elles prétendent combattre ? » Nicolas Sarkozy a été élu sur un programme sécuritaire. Qu'il se montre hyper­actif sur ce front ne surprend donc personne. Et la Constitution lui en donne le droit. Mais ces lois, ces pratiques et ces discours mettent-ils les libertés fondamentales en danger ? Il nous arrive de le penser, et pas seulement en nous rasant...

 

Pas facile, bien sûr, de définir précisément ces « libertés publiques ». « Quand vous reprenez les manuels universitaires consacrés à ces questions, vous vous apercevez que, d'une génération à l'autre, ils n'ont pas cessé de changer de titre, observe Denys de Béchillon, professeur de droit public à l'université de Pau et successivement membre des comités Balladur et Veil (1). On a longtemps parlé des libertés publiques, puis des droits de l'homme, puis des libertés fondamentales - le champ de la définition se réduisant ou s'élargissant suivant l'époque ; et, finalement, personne n'a jamais réussi à en donner une définition complètement convaincante. » Comment s'y retrouver ? « La plus large est sans doute la plus intéressante, poursuit Béchillon. Les droits fondamentaux sont ceux, consti­tutionnels ou internationaux, qu'un ­individu peut faire valoir contre l'Etat, ce dernier étant considéré dans toutes ses subdivisions - administration, ­législateur, juges, etc. Mais cette définition n'est jamais qu'une con­vention de langage, comme celles qui l'ont précédée. »


“Comme ministre de l'Intérieur et comme
président, Nicolas Sarkozy est à l'origine
de 21 lois et de 21 décrets relatifs à la sécurité !


En théorie, l'incertitude profite au­tant aux prévenus qu'à l'accusation, puisqu'il revient toujours au juge - indépendant - de dire si ce qu'on a fait est licite ou pas et de fixer en dernière instance les limites de nos libertés. Au juge - pas au Président. Mais Nicolas Sarkozy a faussé les règles du jeu en se fixant un objectif aussi intenable qu'ambitieux : l'insécurité zéro. Depuis des mois, chaque fait divers brutal le voit monter au créneau et promettre à la fois justice pour les victimes et éradication du mal pour l'ensemble de la société. Conséquence : une véritable frénésie pénale. Comme ministre de l'Intérieur et comme président, il est à l'origine de 21 lois et de 21 décrets relatifs à la sécurité ! Un empilement qui brasse tous azimuts - de la délinquance juvénile au terrorisme, en passant par les crimes de déséquilibrés - et qui privilégie presque toujours le contrôle et l'enfermement au lieu de l'éducation et de la réinsertion. Le message aux juges et aux policiers est limpide - on enferme ! -, et les effets mesurables : gardes à vue en augmentation vertigineuse (+ 67 % entre 2001 et 2007), instauration des peines planchers (9 001 condamnations appliquant la peine minimale au 1er décembre 2008), judiciari­sation à gogo des infractions commises par des mineurs... La balance de la justice penche sec, gare au chavirage ! « Toute cette agitation est le symptôme d'un problème plus général, analyse l'avocat William Bourdon. Le simple fait pour un président de viser le "risque zéro" en matière de sécurité ne peut que conduire à ­l'enfermement plutôt qu'à la réinsertion. Des projets comme la loi Dati sur la rétention de sûreté ou l'incar­cération des mineurs de 12 ans - sur lequel le gouvernement a finalement reculé - sont le signe manifeste d'une fuite en avant. »


On peut aujourd'hui, en France, être condamné à un an de prison ferme pour le vol d'une bouteille de pastis, payer 12 000 euros d'amende pour avoir installé sur la voie publique des tentes à l'intention des SDF. Et n'avoir pas d'autre choix que plaider coupable pour des délits qu'on n'a pas commis, afin d'éviter la peine de prison, comme l'ont découvert de nombreux manifestants anti-CPE. Où est passée la mesure ? « On ne saurait reprocher à des hommes politiques dont le programme électoral annonçait des changements dans le domaine pénal de modifier la loi en créant des incriminations plus fortes pour certains comportements, défend Denys de Béchillon. Du point de vue des droits fondamentaux, dans nos sociétés, seul compte le fait que cette loi soit définie par l'autorité légitime (le Parlement) et que sa conformité aux règles supérieures, nationales et internationales, puisse être contrôlée de manière effective par un juge indépendant. Au-delà, toutes les appréciations sont de nature politique, ni plus ni moins. »

“Le problème, avec toute culture de la peur [...],
c'est qu'elle n'est jamais totalement
dissociable d'une culture de l'ennemi.”


C'est pourtant l'« au-delà » qui nous intéresse. L'année 2008 laissera un souvenir amer à beaucoup trop de monde. Aux collégiens de Marciac (Gers), reniflés par des chiens policiers ; à l'ancien directeur de Libé Vittorio de Filippis ; au photographe de l'AFP Jean-Philippe Ksiazek, dont le travail a été effacé par des policiers lors d'une manifestation de lycéens à Lyon ; à Julien Coupat et Yldune Lévy, qualifiés de « terroristes » à la va-vite ; et à Hervé Eon, condamné, après qu'il eut inscrit « Casse-toi pov'con » sur une banderole, pour outrage (et non pour plagiat, alors qu'il reprenait les propos du président de la République au Salon de l'agriculture 2007 !). Amer, et même un peu plus, pour tous ces indésirables que Nicolas Sarkozy n'en finit plus de désigner. Hier, c'était les prostituées, les sans-papiers et les jeunes des cités. Le cercle s'est élargi au gré des faits divers. Les statistiques du ministère de l'Intérieur ont beau montrer que, dans un taux de délinquance en hausse, le pourcentage des mineurs mis en cause baisse, le « jeune délinquant » est devenu une obsession. Au point que son emprisonnement dès l'âge de 12 ans relèverait du « bon sens », ­selon la garde des Sceaux (son Premier ministre l'a contredite). Sûr que les prisons françaises, épinglées à la fois par les Nations unies et le Conseil de l'Europe, sont le cadre rêvé pour une rapide réinsertion !

 

« Le problème, avec toute culture de la peur [...], rappelle Marc Crépon dans son essai, c'est qu'elle n'est jamais totalement dissociable d'une culture de l'ennemi. » L'ado délinquant n'est pas seul : le malade mental est « forcément » un psychopathe dangereux. Oubliant la grande misère de la psychiatrie, Docteur Sarko ne s'intéresse qu'à cette caté­go­rie de malades et lui promet un bel avenir : systématisation des soins sous contrainte, ouverture de 200 chambres d'isolement... Le projet de « sécurisation des hôpitaux » prend l'exact contre-pied du modèle psychiatrique des quarante dernières années, qui vise la réintégration des patients dans la société tout en les encadrant (et y parvient de moins en moins, faute de moyens). Et tant pis si les risques d'être assassiné en France par un malade mental sont infiniment moins grands que celles d'être dézingué par son voisin de palier : le rapport de la commission Violence et santé mentale dénombre qu'en 2005, sur 51 411 personnes mises en examen dans des affaires pénales, 212 ont bénéficié d'un non-lieu pour irresponsabilité mentale, c'est-à-dire 0,4 % des crimes et délits, rappelle pourtant l'« Appel des 39 », une lettre de protestation ­signée par des psychiatres et des psychanalystes après la déclaration de Nicolas Sarkozy. En revanche, la prévalence des crimes violents contre les patients psychiatriques est 11,8 fois plus importante que celle qui s'exerce contre la population générale... Diagnostic des « 39 » : « En amalgamant la folie à une pure dangerosité sociale, en assimilant la maladie mentale à la délinquance, est justifié un plan de mesures sécuri­taires inacceptables. »


“Les policiers aussi ont peur :
ils ont peur et ils ont honte qu'on
les oblige à appliquer cette politique.”


Inacceptables et donc contestées. Mais la contestation, c'est suspect. Demandez aux trois profs de philo qui, embarqués sur un avion d'Air France pour un colloque à Kinshasa, ont décidé d'interroger les policiers qui « raccompagnaient » au Congo des sans-papiers. Le premier, Pierre Lauret, fut débarqué manu militari. Les deux autres ont été cueillis à leur retour de Kinshasa et envoyés dix heures en garde à vue. Dialogue impossible entre des citoyens concernés et les policiers chargés de... leur sécurité ? « Quand nous sommes montés dans l'avion pour Kinshasa, on nous a distribué un papier qui disait : "Une reconduite à la frontière est une décision légitime de l'Etat français", raconte Yves Cusset, un des trois philosophes. Plus tard, un des policiers s'est levé pour nous dire que, dans une démocratie comme la nôtre, il fallait respecter les lois. Et une fois que le débat fut lancé avec les passagers, il a vite été interrompu par la menace d'un autre policier : "Faites attention à ce que vous dites, ça va se retourner contre vous." Pourquoi cette fin de non-recevoir ? Parce que les policiers aussi ont peur : ils ont peur et ils ont honte qu'on les oblige à appliquer cette politique. »


“La présomption d'innocence devient
une vieillerie d'un autre temps.”


La France ne vit pas sous un système totalitaire. Il n'en reste pas moins que la distinction entre ce qui relève de la sécurité (c'est-à-dire le fait de pouvoir sortir dans la rue sans crainte) et ce qui appartient au domaine de la sûreté (la protection de l'Etat) n'est plus nette. « On a beaucoup ­mélangé les deux ces derniers temps, ­affirme l'avocate Dominique Noguères. C'est gravissime. » D'autant plus grave que, depuis l'« affaire Tarnac », un petit air de Minority Report (le film futuriste de Steven Spielberg dans lequel la police « neutralisait » les criminels avant qu'ils passent à l'acte) flotte sur la place Vendôme : on peut aujourd'hui, en France, être interpellé et emprisonné sur les intentions qu'on nous prête et non sur les actes qu'on a commis. Pas de preuves solides pour le sabotage des lignes de TGV, pas de témoins des faits à Tarnac ? Qu'à cela ne tienne, on recourt à l'article 421, du Code pénal qui qualifie les actes de « terroristes » : plus besoin d'éléments matériels, à Tarnac un zeste de soupçon fera l'Affaire. « Lorsque vous vous donnez comme impératif de gérer les événements avant qu'ils se produisent et que vous vous fixez comme objectif l'insécurité zéro, c'est toute la population qui devient potentiellement dangereuse, déclare Frédéric, du comité de soutien des inculpés de Tarnac. Il ne s'agit plus alors de déterminer si un acte est "terroriste" ou pas, mais d'évaluer une probabilité du risque. Inutile de préciser que la présomption d'innocence devient alors une vieillerie d'un autre temps. » Bien de l'époque, en revanche, est le délire verbal dans lequel sombrent certains dirigeants (et quelques médias) lorsqu'ils se targuent d'« interpréter » les indices ou les « intentions » : « Ils ont adopté la méthode de la clan­destinité, soulignait ainsi sans rire Michèle ­Alliot-Marie après l'arres­tation de Julien Coupat, d'Yldune Lévy et de leurs amis. Ils n'utilisent jamais de ­téléphone portable. Ils se sont arrangés pour avoir, dans le village de Tarnac, des relations amicales avec les gens qui pouvaient les prévenir de la présence d'étrangers. » Qui se sentirait encore en sécurité après avoir entendu une chose pareille ?

 

Drôle de modèle pour la justice. Surtout quand on apprend que cette politique sécuritaire ne marche pas : selon l'Observatoire national de la délinquance, les violences sur personnes ont encore augmenté de 2,4 % en 2008 (2), comme elles n'ont cessé de le faire entre 2002 et 2007. A se demander si le président de la République n'aurait pas viré son ministre Sarkozy... Cette surenchère pénale est d'autant moins pardonnable que le gouvernement est parfaitement informé de l'inefficacité de certaines mesures. Un seul exemple : en 2005, l'ancien garde des Sceaux, Dominique Perben, a commandé une étude sur l'effet des peines planchers sur la récidive. Elections obligent, le rapport a finalement été remis, en juin 2007, à Rachida Dati (3). Verdict ? « Notre avis ne souffrait d'aucune ambiguïté, raconte le sociologue Sébastian Roché, qui a participé à ce travail. Nous avons informé la ministre que ces peines n'avaient pas l'efficacité qu'on leur prêtait et qu'on pouvait en mesurer l'inefficacité. Ceux qui pensent qu'on améliore la sécurité du citoyen en punissant plus longtemps se trompent. C'est même le contraire qui est vrai : ces peines poussent les jeunes dans une délinquance au quotidien. » Roché n'a plus jamais entendu parler de cette étude et notre courriel à la garde des Sceaux est resté sans réponse. Le 10 août 2007, la loi sur les peines planchers a été votée au Parlement.

 

Et si la lutte contre l'insécurité n'était qu'un objectif marginal de cette politique sécuritaire ? Si l'objectif principal était, en fait, ce que le sociologue Laurent Mucchielli appelle le con­trôle social ? Sinon, pourquoi tant de fichiers (34 en 2006, 45 en 2008), pourquoi ce souci d'en savoir plus - toujours plus ! - sur des catégories toujours plus larges de la population ? Ceux qui n'ont « rien à se reprocher », bien sûr, n'ont rien à craindre. Mais aujourd'hui, pour être dans le bon wagon, obéir à la loi ne suffit plus : il faut aussi être dans la norme. Travailler plus pour gagner plus. Contester dans les clous et continuer de regarder France Télévisions quand son président sera nommé par le nôtre. A moins que... « Ceux qui sont prêts à abandonner un peu de leurs libertés fondamentales en échange d'un peu de sécurité illusoire ne méritent ni les unes ni l'autre », rappelait Benjamin Franklin. On peut donc s'indigner. Refuser la norme, s'accrocher à l'Arbre et à nos libertés.

Olivier Pascal-Moussellard

Télérama n° 3080

(1) Comité Balladur de réflexion sur les institutions de la Ve République (2007) ; comité Veil de réflexion sur le préambule de la Constitution (2008).

(2) La délinquance globale, elle, a baissé, grâce à la diminution des vols.

(3) Rapport de la commission d'étude et de suivi de la récidive, 28 juin 2007.

A lire

La Culture de la peur, de Marc Crépon, éd. Galilée, 124 p., 20 €.

La Frénésie sécuritaire, sous la direction de Laurent Mucchielli, éd. La Découverte, 138 p., 10 €.

 

Cette article est tiré du site de Télérama

04 février 2009

A méditer....

 

Thomas More, dans L’utopie,  imaginant l’intervention de Raphaël, un philosophe, devant la cour du roi de France au début du 16éme siècle :

« Vos conseils sont infâmes, honteux pour le roi, funestes pour le peuple. L’honneur de votre maître et sa santé consistent dans les richesses de ses sujets, plutôt que dans les siennes propres. Les hommes ont fait des rois pour les hommes, et non pour les rois ; ils ont mis des chefs à leur tête pour vivre commodément à l’abri de la violence et de l’insulte ; le devoir le plus sacré du prince est de songer au bonheur du peuple avant de songer au sien ; comme un berger fidèle, il doit se dévouer pour son troupeau, et le mener dans les plus gras pâturages. »

01 février 2009

Nouvelle équipe de l’UMP, Bonaparte a choisi

Article pris au MJS national

 

Si la démocratie chez les socialistes fait parfois beaucoup de bruit, son absence à l’UMP ne peut être passée sous silence.

Nicolas Sarkozy vient de livrer la dernière promotion des sujets de la cour présidentielle.

Gouvernement, instances de l’UMP, candidatures européennes, ce jeu de chaises musicales orchestré ces dernières semaines depuis l’Élysée est une mascarade démocratique. Le bureau de l’UMP adopte docilement les choix du Président.

Le fonctionnement de l’appareil d’État subit les conséquences de ces changements incessants et les citoyens en paient indirectement la note : remaniements gouvernementaux chroniques, discontinuités dans la gestion des dossiers ministériels, changements incessants dans les administrations... Le gouvernement devient une variable d’ajustement dans les combinaisons internes de l’UMP.

Le président de l’UMP, Président de la République doit cesser le mélange des genres et sortir de la gestion clanique du pays.

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JDD, le 24/01/2009 :

"Du poil à gratter pour le Mouvement des jeunes socialistes

Ce n’est un secret pour personne, le Parti Socialiste doit son existence à l’UMP. La preuve en est, la venue de Nicolas Sarkozy, samedi 24 janvier à la Mutualité de Paris, a permis au Mouvement des jeunes socialistes de sortir de l’ombre pour épingler le penchant déspotique du président de la République : "Nicolas Sarkozy vient de livrer la dernière promotion des sujets de la cour présidentielle". "Si la démocratie chez les socialistes fait parfois beaucoup de bruit, son absence à l’UMP ne peut être passée sous silence"

Nouvelobs.fr, le 25/01/2009 :

""Nicolas Sarkozy vient de livrer la dernière promotion des sujets de la cour présidentielle", a ironisé le Mouvement des jeunes socialistes, "si la démocratie chez les socialistes fait parfois beaucoup de bruit, son absence à l’UMP ne peut être passée sous silence"."

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