06 mars 2009

Quel système international aujourd’hui ?

 

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L’idée de système international a fait du chemin. Aujourd’hui, il est très loin d’être un système d’interaction homogène. Les Etats Nations, hier acteurs primordiaux, battent en retraite et les acteurs se multiplient en nombre et en puissance.

 

La chute de l’URSS a laissé place à un monde instable, complexe et bien plus difficile à cerner que la bipolarité est/ouest. Bien sûr, la bipolarité de la Guerre Froide était limitée. La confrontation entre soviétiques et libéraux est passé dés les années 60 en une triangulaire Washington, Moscou, Pékin, puis avec Bandoeng, l’on constate l’émergence d’un autre grand acteur, celui là très hétérogène, le Tiers Monde ou les non-alignés. Mais il est indéniable que le bipolarisme donnait un cadre de résolution aux crises et aux conflits.

 

L’effondrement de l’Union Soviétique et le soutient de l’opération « tempête du désert » par Gorbatchev à laisser planer quelques temps l’illusion d’un ‘moment unipolaire ». Seuls quelques rogue states (Etats voyous) faisaient alors exceptions. L’unipolarité était morte née.

 

Les Etats Unis échoueront en Somalie (1993), ignoreront la crise des Grands lacs (Rwanda 1994), s’abstiendront dans les Balkans, se verront opposer Français et Chinois et surtout, ils subiront le choc des attentats multiples contre leurs intérêts et sur leur territoire.

 

Ce système pseudo-unipolaire changea globalement la donne. L’alliance qui était signe de garantie vis-à-vis de l’autre ne l’est plus aujourd’hui. Au contraire, il s’agit de se protéger coute que coute de l’arbitraire du plus fort. "De garante, la puissance devenait source d’incertitude".

 

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La dissolution du Pacte de Varsovie, sorte d’OTAN de l’est, cette dernière perd du terrain sur les grandes puissances militaires comme la France ou l’Allemagne ; mais aussi sur des puissances moyennes et émergentes : Mexique, Pakistan, Brésil, Turquie…. Ces différentes puissances récalcitrantes brouillent le système international d’antan. La puissance paroxystique (classe ce mots ! (ca veut dire : à son paroxysme)) des Etats Unis amène à un anti-américanisme très fort. La contestation de l’unipolarité rend le système international instable et violent. Les Etats cherchent tous l’autonomie vis-à-vis des USA en mettant notamment en avant des caractéristiques propres (commerciale, démographiques, diplomatiques, culturelles…) pour se détacher et s’autonomiser. La déviance, le passage en rogue state, est une des solutions d’autonomisation.

 

Le système actuel a somme toute marginalisé les conflits interétatiques du fait de l’arbitraire d’une superpuissance. Aujourd’hui, la logique conflictuelle est souvent intra étatique et d’extraction sociale. Ces conflits sont hors du système, hors du circuit.

 

Un système unipolaire, non. Apolaire, oui !


L’unipolarité est corolaire de l’attractivité de la superpuissance. Celle-ci augmente avec la franchise d’un dualisme mais diminue avec un unipolarisme illusoire comme il l’est actuellement. Sans un dualisme franc, l’unipolarité tombe à l’eau de par la contestation de la superpuissance par les puissances moyennes. Le monde post-bipolaire est plus apolaire qu’autrement, à la manière de l’avant guerre. La bipolarité du système internationale équivaut à la Guerre Froide.

 

Le système international tend actuellement au multilatéralisme qu’il soit idéalisé par nécessité ou par contrainte. Ce multilatéralisme dirigé comme le nomme Bertrand Badie est la résultante d’une mondialisation créant une forte interdépendance entre les Etats. C’est souvent une logique de développement collectif et de non écrasement vis-à-vis des grandes puissances qui mènent au multilatéralisme. De plus, passer à coté des instances et des décisions multilatérales coute cher aujourd’hui.

 

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Cependant, cette organisation du systéme international par le multilatéralisme est ralentie par la mauvaise volonté de la superpuissance américaine et par les souverainismes de certains dirigeants.

 

C’est dans la même optique que l’on dénote aujourd’hui une forte régionalisation du monde. Avant celui-ci était cantonné à l’Europe occidentale, aujourd’hui il s’étend sur tout les continents. Le MERCOSUR en Amérique du Sud est sur les traces de l’Union Européenne. L’ASEAN tente de se construire en Asie, mais à l’image de l’ALENA en Amérique du Nord, c’est deux dernières institutions restent ancré dans le domaine commercial. Ce type de régionalisme complexifie la donne. Les puissances régionales ressortent comme le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde ou encore le couple franco-allemand. Il galvanisme de par la même les acteurs transnationaux (ONG, firmes, grands cultes…).

 

Le système international est plus que jamais interactif. Il est marqué par le grand nombre d’acteur y participant ainsi que par leurs registres d’interventions. Les crises de fonctionnement des institutions étatiques en Europe et en Amérique du Nord et les bouleversements dans le reste du monde entrainent un déplacement d’allégeance. L’Etat n’en a plus le monopole, renforçant par là les religions, les acteurs tribaux et familiaux.

 

Ce nouvel ordre politique est contestataire de l’Etat, de la nation mais aussi du territoire. Il remet en cause le système international d’antan.

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