29 septembre 2006

Le MJS en Savoie

Le Mouvement des Jeunes Socialistes s’est créé en Savoie lorsque le MJS est devenu autonome du PS, au début des années 1990. Depuis, onze animateurs fédéraux différents ont dirigé la Fédération. Le nombre d’adhérents a varié de 2 à 30 selon les années, avec à chaque rentrée de septembre une chute des effectifs en raison des formations poursuivies et des emplois occupés par chacuns des militants.

L’animateur fédéral du MJS siège de droit au Conseil fédéral du Parti Socialiste, et au Conseil national du MJS.

Chronologie Animateur fédéral Trésorier
Congrès d’Avignon Tony Maerten  
A partir fin 1992 ou de début 1993 Franck Machet  
Mi-1994 Nicolas Chapuis  
Fin 1995 Laurence Meurier  
Mars 1997 Eric Boivin  
Décembre 1997 Emmanuel Picart  
Avril ( ?) 1998 David Emain  
Jusqu'au 14 juin 2002 Jaouad Saidi  
25 septembre 2002 au 28 août 2004 Tristan Kreuter
15 octobre 2004 Julien Bonnevaux Délia-Anne Fernandez
11 mars 2005 Julien Bonnevaux Martin Abry-Durand
19 janvier 2006 Martin Abry-Durand Julien Bonnevaux

Le MJS depuis 1993

Les Congrès du MJS depuis l’autonomie

- 1993 : Congrès d'Avignon

- 1995 : Congrès d'Orléans

- 1998 : Congrès de Toulon

- 1999 : Congrès de Tours

- 2001 : Congrès de Lille

- 2003 : Congrès de Lamoura

- 2005 : Congrès de Paris

Les Présidents du MJS depuis l’autonomie

- Benoît Hamon (1993-1995)

- Régis Juanico (1995-1997)

- Hugues Nancy (1997-1999)

- Gwenegan Bui (1999-2001)

- Charlotte Brun (2001-2003)

- David Lebon (2003-2005)

- Razzye Hammadi (2005- / )

Etre jeune et fêter ses cent ans

100 ANS D'HISTOIRE DES JEUNESSES SOCIALISTES

Article de Benoît Payan, paru dans le Temps des Conquêtes, le dimanche 28 août 2005.
 

Le 23 avril 1905, à la salle du Globe à Paris, les différentes "factions" socialistes françaises, poussées par l'Internationale Socialiste, se réunissaient afin de donner une vraie voix au socialisme français. Après deux jours de débats intenses, le Parti socialiste de France de Jules Guesde, le Parti socialiste Français de Jean Jaurès et les autres familles socialistes se tendaient la main pour fonder une maison commune. La Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO) était née et avec elle, le Parti socialiste.

Le Parti socialiste fête donc son centenaire cette année. Cent ans marqués par des hauts et des bas, de la lutte contre les pouvoirs en place au rude apprentissage de l'exercice du pouvoir. Un siècle marqué par d'importantes conquêtes sociales mais aussi par deux guerres mondiales, la décolonisation...

A cette occasion, beaucoup d'ouvrages, de recueils ou de films historiques retracent l'histoire d'un siècle de socialisme français. Mais peu abordent véritablement l'histoire des Jeunesses Socialistes. Une histoire longue, peu connue, et qui méritait donc d'être porté à la connaissance de chaque jeune socialiste, militant d'hier, d'aujourd'hui ou de demain.

C'est donc un bout de cette histoire qui est racontée aujourd'hui, où il faudra parfois se référer à des livres d'histoire pour comprendre la singularité du combat des jeunes socialistes à travers les époques et surtout resituer les moments politiques d'un siècle d'histoire.

Voici donc la première partie de notre histoire commune, de la fin du 19e siècle à la Libération. Une histoire qui n'aurait pu être résumée ici sans les travaux de nombreux chercheurs et notamment de Jacques Kergoat, disparu en 1994, auteur de nombreux ouvrages sur le socialisme et le monde ouvrier et qui s'est penché sur l'histoire de nos prédécesseurs.

C'est à la fin du 19e siècle que sont apparus pour la première fois des jeunes engagés dans des courants d'idées "socialisant", fils des Lumières et de la Commune ou jeunes en réaction au pouvoir promoteur d'un capitalisme déjà sauvage. Ils sont pourtant plus ou moins absents des grandes luttes anti-capitalistes qui forgent les mouvements socialistes naissants de la fin du 19e siècle.

Ce n'est qu'au tout début des années 1900 que les jeunes socialistes en tant que tels débutent leur histoire. Nous sommes dans une période troublée : les puissances industrielles, encore jeunes, se regardent les unes les autres tandis que les bruits de bottes se font entendre dans toute l'Europe. L'espoir suscité par la diffusion de la conscience de classe chez les ouvriers et les travailleurs prolétaires (comme ils se définissent eux-mêmes) laisse place peu à peu à une inquiétude de plus en plus grandissante chez les classes populaires et qui, plus tard, traversera et transcendera l'ensemble de la société, des socialistes aux ultranationalistes.

Dans ce concert chauviniste et nationaliste naissant et face au militarisme croissant, les JS donnent de la voix et animent de façon sporadique et inorganisée des comités anti-militaristes, diffusant des journaux comme "Le Conscrit" ou le "Piou Piou de l'Yonne", édités à 35 000 exemplaires. Leurs aînés socialistes voient d'un mauvais œil ces jeunes qui s'activent et participent aux mouvements pacifistes.

Les jeunes sont montrés du doigt par leurs aînés qui ne tarderont pas a leur "faire payer le prix fort" de cette « indiscipline » puisqu'en avril 1905, lors de la constitution de la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière, qui allait devenir le Parti socialiste) au congrès du Globe, les jeunes sont tout bonnement oubliés par les congressistes qui jugent inutile de faire émerger une organisation qui, à terme, pourrait se révéler dérangeante…

Ce n'est qu'en 1912 que les JS sont constitués en tant que tels sous la pression d'ailleurs de l'Internationale Socialiste qui oblige purement et simplement la SFIO à constituer son organisation de jeunesse. La fédération nationale est née. Elle tiendra son congrès tous les ans, avant celui du parti.

La guerre arrive et se fait a présent sentir dans toute l'Europe. Les JS, voués au silence par le Parti pendant ces sept ans, ont du mal à faire entendre leur pacifisme et leur anti-militarisme alors que les représentants du Parti à la chambre votent à l'unanimité les crédits militaires. La SFIO se prépare à l'Unité nationale. Les jeunes socialistes, pourtant, résisteront à cette vague déferlante de nationalisme et d'esprit grégaire et, dès 1915, créeront "l'union internationale des organisations socialistes de la jeunesse", opposée radicalement à la guerre. C'est à ce moment précis, qu'en écho à leurs revendications internationalistes et progressistes, émergera une réelle réflexion qui théorisera la nécessaire autonomie de leur organisation de jeunesse par rapport au Parti. C'est à ce moment que des groupes du MJS prennent publiquement position contre le Parti à Saint-Denis et à Toulon… Pour eux, tout devient possible, mais quelque chose à l'Est va bouleverser la donne et marquer les esprits : les socialistes français marxistes révolutionnaires voient se transformer l'utopie en réalité quand leurs camarades de Moscou et de Saint-Petersbourg créent "la Patrie du socialisme". Des millions et des millions de prolétaires, unis, font aboutir la lutte des classes. L'URSS est née. Les jeunes socialistes français sont séduits, conquis, mais comment ne pas l'être quand on est un militant de la révolution... Un comité est alors fondé et prend le nom significatif de "comité pour l'autonomie des Jeunes Socialistes et leur adhésion à la 3éme internationale". Le congrès des Etudiants Socialistes, le 12 juillet 1920, vote à l'unanimité l'adhésion à la 3e internationale (communiste) et aux 21 conditions fixées par Moscou. Chez les JS, la situation est plus complexe, mais l'adhésion est votée à 71%.

Amputée de sa jeunesse et des deux tiers de ses adhérents, la SFIO vieillit « en 6 jours". Dans cette période de grande dépression, les premiers à se reconstituer sont les Etudiants Socialistes de l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm à Paris. Claude Levi-Strauss en sera le dirigeant.

1928. Un millier de membres forment les Jeunesses Socialistes, traversées par les incertitudes et par les doutes quant à leur avenir. La question de l'autonomie vis-à-vis du Parti redevient centrale. A cette revendication, le Parti de Léon Blum répondra non quelques mois plus tard.

Les grands changements de 1934 bouleverseront la donne. Le coup d'Etat avorté des fascistes contre le Palais Bourbon et les différentes ligues fascistes qui se livrent à des exactions recentrent le Parti sur le nécessaire combat contre l'extrême droite. Les JS centrent alors leurs activités contre les fascistes. La ligne clairement identifiée plus à gauche que celle du Parti, les apparitions "médiatiques" de cette jeunesse combattante redonneront des couleurs à l'organisation. En 1936, encore convalescents, les JS bénéficient de la victoire du Front Populaire : une vague d'adhésion déferle sur l'organisation, 50 000 adhésions en six mois, du jamais vu. Chez les Jeunes Communistes, ils seront 100 000 à adhérer.

Mais après l'immense espoir de 1936 et les réformes historiques, Léon Blum est "rattrapé par la réalité" et décrète une "pause". Il lance l'emprunt, les JS accusent le coup. Le 16 mars 1937, les JS manifestent à Clichy au côté des ouvriers, contre un meeting fasciste. La police tire. Les JS écriront " 8 milliards pour l'emprunt, 6 morts à Clichy, l'argent de la bourgeoisie se paie du sang des ouvriers". 22 dirigeants sont aussitôt exclus par le Parti. L'organisation perd dans la foulée 20% de ses adhérents. Les organisations politiques perdent alors de leur influence dans la jeunesse qui se tourne vers d'autres formes de militantisme. Les mouvements d'actions catholiques (JAC et JOC) et les organisations de loisirs laïques comme les Faucons Rouges et surtout les auberges de jeunesse capitalisent cette défection. Grâce aux récentes conquêtes sociales et au temps libre qu'elles sécrètent, les auberges de jeunesse se muent en un puissant mouvement de jeunesse. L' "Ajiisme" est né, autogestionnaire, fondé sur des valeurs d'humanisme et de solidarité. Les dizaines de milliers de jeunes qui passeront par les AJ seront comme autant de témoignages d'un réel mouvement d'émancipation de la jeunesse.

Cependant de grands bouleversements se font jour en Europe. Le 3e Reich obscurcit pour longtemps les espoirs de paix. Le 10 mai 1940, les troupes nazies envahissent la France. Sur 157 députés SFIO, 89 votent les pleins pouvoirs à Pétain. 34 seulement s'y opposent.

Les jeunes rejettent en masse le vote des pleins pouvoirs et la légitimité de la nouvelle direction. Ils seront cependant peu nombreux comparativement aux Jeunesses Communistes à entrer dans la résistance armée. Les JS sont, par tradition, moins bien préparés à la lutte armée clandestine. Ce sont les Ajiistes qui s'intègrent le mieux à la lutte armée, sans doute par tradition et par expérience de l'autogestion. Petit à petit, dans la clandestinité, les comités départementaux des JS se reconstituent, l'organisation restant néanmoins éclatée.

A la Libération, les JS se recomposent et remettent en place une structure nationale dont le Parti écrira les statuts... La contradiction avec le Parti reprend de plus belle, le Parti refusant le droit de vote à 18 ans.

1946. Le 38ème congrès du Parti est le théâtre de la prise de pouvoir par Guy Mollet. Les jeunes entament une longue période d'opposition dans le Parti, qui vote alors l'augmentation des crédits militaires. Les jeunes s'opposent, proposent l'abaissement du service militaire à six mois… Sans succès. Pire, le Parti vote l'allongement à dix huit mois du service militaire... En avril 1947, Paul Ramadier, socialiste, est président du Conseil. Quelques semaines plus tard, la Régie Renault entame une longue grève afin de voir augmenter les salaires. Très vite, la grève s'étend à toute l'industrie et se retrouve soutenue par les Jeunes Socialistes (JS), tandis qu'elle est condamnée par le Parti Socialiste.

Au même moment, la question de l'Indochine devient un nouveau sujet d'affrontement entre jeunes et moins jeunes. Tandis que les JS demandent que des négociations soient menées avec Hô Chi Minh pour faire qu'enfin arrive la paix, jusqu'à publier une interview d'Hô Chi Minh dans leur journal, Guy Mollet et le gouvernement refusent toute discussion. Mollet arrivera à faire céder les JS sur cette question, aidé en cela par nombre d'apparatchiks affidés à sa direction. Les jeunes socialistes se déchaînent, ne supportant pas cette ingérence. Un congrès est alors convoqué à Montrouge. Les débats seront rudes et la question de l'autonomie omniprésente. Les représentants du Parti présents à Montrouge exigent l'interdiction d'aborder la question de l'Indochine. Mais les JS ne l'entendent pas ainsi : la proposition du Parti est mise aux voix et est repoussée par 120 voix contre 40. S'en suit le dépôt d'une résolution votée à une écrasante majorité dont le titre ne laisse pas de doutes : "Paix immédiate, négociations avec Hô Chi Minh".

Le plus rude affrontement viendra le premier juin. Les JS descendent dans la rue pour commémorer la Commune... et hurlent "évacuer l'Indochine, Ramadier démission !". La réplique du Parti ne se fait pas attendre : le 4 juin, le Bureau national (BN) des JS est dissous par le Parti. Le même BN convoque un congrès extraordinaire à Villeurbanne où 10 000 jeunes socialistes se solidarisent avec le BN et décident la rupture avec la SFIO. Le Maire de Clermont-Ferrand, le socialiste Quillot déclarera quelques années plus tard à propos de cet épisode "les cadres ainsi disparus feront gravement défaut. Si la génération des 30 ou 40 ans fût insuffisamment représentée dans la SFIO de 58 à 69, cette première crise en est la cause". Et de rajouter : "peut être la décoloration du Parti était elle nécessairement écrite dans cette hémorragie".

Néanmoins, dés 1949, un nouveau mouvement est mis sur pied. Les statuts du MJS sont autant de chaînes qui enserrent la liberté de parole du MJS, l'épisode de Villeurbanne ayant traumatisé la direction. C'est le jeune Pierre Mauroy qui prend la tête de l'organisation de jeunesse en 1950, décidant alors de tourner l'organisation vers d'autres centres d'intérêts : le sport, la culture et les loisirs forment le cadre d'échanges plus que la discussion politique. Mauroy créera par la suite la Fédération des foyers Léo Lagrange.

Le MJS se bornant à la reprise pure et simple des positions du Parti et de ses campagnes, la principale action "autonome" du mandat de Mauroy sera "le collectif 50%", c'est à dire l'obtention du billet SNCF à moitié prix pour les collectifs de jeunes. S'il arrive donc à la direction du MJS d'émettre quelques critiques sur l'action du PS (comme par exemple sur le réarmement de l'Allemagne), elles se font en sourdine. Inexorablement, les jeunes s'en vont, courant vers le PSA (Parti Socialiste Autonome), scission du PS menée par Daniel Mayer en 1958 et qui deviendra le PSU (Parti Socialiste Unifié) en 1960.

1958, l'année où De Gaulle arrive au pouvoir... La situation politique change la combativité des ouvriers, les grèves se multiplient. Mai 1968 approche. La situation insurrectionnelle met en évidence les limites des organisations de jeunesses qui passeront à côté de mai 68. Pourtant, les événements auront leurs effets sur l'organisation qui gagnera un peu d'autonomie à l'aune des revendications de la jeunesse. C'est alors vers les Etudiants Socialistes qu'il faut se retourner pour voir de l'activité militante et du renouveau idéologique.

Pour le MJS, le processus est plus lent et le congrès constitutif de Narbonne en 1970 est abordé dans la sérénité par les traditionnels courants de la très vieille SFIO. Les Bouches-du-Rhône, habituées à résonner en terme de mandats et cartes, arrivent avec 500 mandats en poche. La SFIO est tranquille, pourtant seuls les proches de Jean Poperen ont préparés politiquement le congrès. Et c'est Gilbert Sans qui est élu secrétaire national.

En 1971, le 58e congrès du PS à Epinay est celui de la réunification de la famille socialiste. Les congressistes élisent alors un homme qui la veille encore n'était pas adhérent du Parti : François Mitterrand. Celui-ci promet la rupture avec le capitalisme et verra après pour la méthode. Il ignore superbement le MJS qui continue pourtant son activité et publie à travers son journal "l'Insurgé" des articles féroces contre la droite militariste et réactionnaire. Les jeunes échappent ainsi à François Mitterrand. La direction du PS ne fait guère cas du MJS, c'est le temps du mépris et de la ruse.

En janvier 1975 se tient le congrès de Pau. François Mitterrand écarte de la direction le CERES de Jean-Pierre Chevènement. Et le MJS ? Toujours rien. Le MJS semble baisser la garde.

Le 23 février 1975, alors que Mitterrand n'avait rien fait sentir, le Parti suspend purement et simplement les directions du MJS et des Etudiants Socialistes. Les jeunes sont sonnés. Le lendemain, Mitterrand suspend leur autonomie. Il nomme Edith Cresson secrétaire nationale à la jeunesse et précise "rien ne justifie l'existence d'une organisation autonome pour les étudiants et pour les jeunesses socialistes. Au contraire, ce serait ancrer l'idée que les jeunes doivent être enfermés dans un ghetto avec leurs problèmes". C'est une lente agonie des jeunes socialistes qui commence. Les jeunes se tournent alors vers le syndicalisme étudiant par le biais de l'UNEF ou vers le mutualisme étudiante à travers la MNEF. Laissés seuls, les Mitterrandistes prennent la direction du MJS. Cresson, Lang, Bartolone, tous nommés par François Mitterrand, assurent successivement le poste de secrétaire national à la jeunesse. Mais le mouvement se tarit, inexorablement, lentement. C'est l'asphyxie : les jeunes se tournent vers d'autres combats, la lutte anti-raciste notamment…

Début des années 90. Au MJS, l'encéphalogramme est plat. C'est dans une organisation balkanisée, satellisée et cartellisée, sans corpus idéologique identifiant ou structurant, que quelques jeunes font le constat de l'échec du MJS pendant les années du pouvoir socialiste. Ils sont convaincus qu'une grande conquête s'impose, historique, émancipatrice et salvatrice, celle de l'autonomie que leurs prédécesseurs, à plusieurs reprises de l'histoire, s'étaient vus refusés par un Parti en proie aux doutes vis à vis de sa jeunesse. Michel Rocard, alors Premier Secrétaire du PS, comprendra, en 1992-1993, mieux que d'autres avant lui, la nécessaire autonomie du MJS. Autonomie des militants, autonomie des idées et de la parole. Axiome de la diversité et de la richesse de la pensée.

En 1994, après un an de cohabitation d'une direction "bicéphale", désignée en partie par le PS et une autre désignée par les militants, Benoît Hamon deviendra le premier président élu du MJS autonome à l'issue de son premier congrès à Avignon.

L'histoire qui suit est notre histoire contemporaine, celle qu'on lit dans le guide de l'adhérent, celle que nous continuons à écrire et, après nous, les plus jeunes d'entre nous.

En me replongeant dans notre histoire dans ce train qui descend ce dimanche de Paris à Marseille, je sens que même des années après, les choses n'ont guère changés ou plutôt si, tant on s'aperçoit qu'aujourd'hui nous avons ce que d'autres avant nous ont essayé de conquérir : nous avons l'autonomie. L'histoire nous enseigne que cette autonomie n'est pas une évidence, ni un principe inaliénable, mais a été arraché de haute lutte par une génération de camarades refusant le renoncement face à l'ordre établi.

Benoit Payan