22 août 2009
Pub orange parodiée par les guignols
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27 juillet 2009
H1/N1 : Le faux problème
Encore une fois le gouvernement nous ment. On sur médiatise un problème, celui réel du H1/N1 en mentant sur sa nature. C'est Benard Debré, docteur et député UMP qui le clame lui même sur le site de Rue89 :
« Cette grippe n'est pas dangereuse. On s'est rendu compte qu'elle était peut-être même un peu moins dangereuse que la grippe saisonnière. »
Comment ne pas voir par cette médiatisation d'un virus faisant à peine 800 morts, une volonté de nous cacher quelque chose ou plutôt de faire passer ni vu ni connu des problème plus important à la trappe. Immobilisme gouvernementale devant la crise, refus d'investir dans la médecine pour lutter contre le paludisme ( entre 1,5 et 2,7 millions de morts par an ) ou autres maladies bien plus ravageuses, refus de lutter contre la faim ( 1 milliards d'êtres humains souffrent aujourd'hui de malnutrition ), restauration des privilèges ( Bouclier fiscal ), démantèlement des services publics, diminution des libertés ( vidéo surveillance, Fichiers divers et variés ), bavures policières ( Firminy, Villiers le bel.... ), scandales politiques ( Dassault, Aix en Provence, Perpignan... ) et la liste est encore longue.
Et nous, pauvres citoyens, qui nous soucions d'un simple virus qui n'a tué personne en France, qui ne change pas la donne sur nos vies, qui a final n'est qu'un prétexte au renflouement de l'industrie pharmaceutique....
Ah oui, on ne vous a pas prévenu ?!
Étonnant.... Pourtant, l'argent de la Sécu c'est un peu le notre. Le trou de la Sécu c'est notre problème aussi.
Vraiment, on ne vous l'a pas dit ?! Et bien, pour lutter contre le fameux H1/N1 l'État français à passé une commande de 100 millions de doses de vaccins auprès de Sanofi Aventis, un géant pharmaceutique mondiale pour un montant de quelques 900 millions d'euros sur les comptes de la Sécu. Cela représente tout de même 10% du déficit de la Sécu.
Surprenant, n'est ce pas ?
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09 juillet 2009
Xavier Darcos, liquidateur social de la jeunesse !
Le Mouvement des Jeunes Socialistes dénonce la position d’observateur de la hausse du chômage du ministre du travail. Alors que le manque d’emploi se creuse, rien n’est fait pour en créer, aucune politique volontariste n’est mise en place.
Pire, après le massacre de l’éducation, Darcos organise la file d’attente.
L’accumulation de charge de travail sur un nombre réduit de salariés a des effets dévastateurs. Les accidents mortels ont augmenté de 16% en France en 2007, l’augmentation du stress conduit à une multiplication des troubles physiques. Et les mesures proposées comme le travail du dimanche, après les heures supplémentaires, ont pour logique : plus de travail pour ceux qui en ont déjà un et rien pour ceux qui n’en ont pas.
Les jeunes socialistes prônent une vision du travail faisant partie intégrante d’une société du temps libéré. Cela passe par une politique de l’emploi qui offre des débouchés aux jeunes au lieu de considérer comme M. Darcos qu’un jeune n’est qu’un chômeur potentiel et que 650 000 jeunes diplômés sur le marché du travail, ce sont 650 000 nouveaux chômeurs.
Tiré du site MJS France
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13 juin 2009
Un gouvernement Orange !
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07 avril 2009
Logement social
Aujourd’hui, loyers et traites représentent 25% des revenus des ménages contre 12.5% il y à 30 ans. Ainsi, la crise du logement définissable par l’exigüité des logements, leurs prix, leurs insalubrités… toucherait dix millions de Français en 2008 soit une augmentation de prés de 10% sur un an. Bourdieu soulignait il y quelques années que l’Etat contribue de manière importante voire décisive à l’aggravation de la situation. En effet, c’est ce dernier qui exerce autorité sur le marché du sol et sur les aides au logement. Avec une pénurie d’un million de logement selon les spécialistes, la crise est loin d’être réglée.
Comment dans un système ou le financement public décline, relancer le « gout de la pierre » ? Dans les années 50, suites à l’échec de la relance de la construction de logement par le privé, l’Etat décide d’accorder des crédits à la construction en passant directement par la Banque de France et des bons du Trésor. La relance marche bien. Le fait est là, l’argent prêté par le public est moins cher et prêté sur une durée plus longue. Le parc immobilier explose, il double entre 1953 et 1975. 80% de ces constructions ont bénéficiées de l’aide publique.
Cependant, Monsieur le nouveau président de la République, Valéry Giscard D’Estaing, que l’on nommera VGE, décide de rétrocéder le logement au privé en stoppant presque unilatéralement le financement de la pierre par le public. Bien évidement, cela se fera progressivement, mais le pic atteint en 73 avec 556 000 logements construits ne fera que décroitre depuis lors. Augmentation du chômage, chute de la construction, le marché fait son jeu, le logement voit son prix exploser. Même les organismes HLM sont obligés d’augmenter sensiblement leurs loyers. Les propriétaires se voient octroyer le droit d’aligner les loyers sur les plus hauts à chaque renouvellement de bail. L’APL ne fait en définitive que financer l’augmentation des loyers et revient donc rapidement dans les poches des propriétaires.
« Il y a déjà 36 % de HLM à Chambéry. La ville concentre 70 % du logement social de l'agglomération. Et le maire veut en construire encore ! Le logement doit être mixte » déclare Xavier Dullin, opposant UMP dans Le Point.
Pour plus de mixité et une plus grande égalité, construisons des logements sociaux et exigeons que les villes UMP de l’agglomération chambérienne et de France, respectent la loi des 20% de logements sociaux.
M. Dullin, veillez donc a ce que vos collègues respectent déjà la loi et réfléchissez avant de blâmer ceux qui travail à améliorer les conditions de vie de chacun.
De plus, ajoutons que votre groupe politique à voter de manière positive le Plan Local de l’Habitat qui prévoit la construction de nouveau logement sociaux.
Je vous renvoie à l'article du Point
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25 février 2009
SOS chomage
Alors que le Bureau International du Travail (BIT) annonce 51 millions de chômeurs en plus cette année, une question fait son retour: comment juguler et indemniser ce fléau ? D’après M. Barbier, économistes à la Sorbonne, là ou les indemnités sont les plus importantes pour les chômeurs, la crise ne servira que peu sur l’économie. C’est un contre discours par rapport a ce que notre gouvernement tente de nous faire croire.
A en croire l’économiste, le Danemark serait donc le pays le plus apte à passer outre la crise. Les indemnités y sont en effet imposantes. L’on peut toucher jusqu’à 82% de son ancien salaire avec un plafond a 2000 euros par mois.
Florence Lefresne de l’IRES, regrette quant a elle le durcissement des politiques envers les chômeurs. Cela va bien entendu a l’encontre d’un soutien de la consommation, fer de lance de l’économie et surtout fer de lance d’une relance sociale. Il est évident qu’un gouvernement conservateur, proche de ses privilèges et pour son maintien, la consommation de masse n’est pas un objectif formidable. Les mentalités libérales conservatrices de la droite occidentale ont mis le chômeur en volontaire dans son non-emploi contrairement à ce qu’en disait Keynes et sa théorie ou le chômeur subissait le non-emploi. C’est la base de l’hypocrisie des gouvernements bourgeois ou le grand capital est
considéré comme le sauveur alors que c’est en son nom que l’on désagrège le système social français….
Gordon Brown, premier ministre anglais à d’ailleurs tilté. Il va verser au plus vite quelques 500 millions d’euros aux chômeurs pour faire face à l’inflation et à la crise.
Les pays les plus touchés par la crise sont les USA et la Grande Bretagne, là ou la pauvreté est dans les moyennes hautes des grands pays industrialisés. C’est aussi dans ces deux pays que les chômeurs touchent le moins d’allocations.
En France, d’après l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques, l’assurance chômage s’est durcit et empêché les jeunes et salariés précaires d’y accéder. Les nouvelles prérogatives de l’Unedic prendrons mieux en compte les jeunes chômeurs mais en diminuant l’indemnisation et valeur et en temps. Cela va mettre les chômeurs de longue durée en situation de précarité accrue.
Les analyses montrent une corrélation entre la baisse de l’activité et la hausse du chômage dans les pays flexibles tandis que ce n’est pas le cas dans les pays dit dur comme la France ou l’Allemagne (source Le Monde de l’économie). Ces derniers voient le chômage augmenté à une vitesse nettement moins rapide que la baisse de l’activité économique.
Le BIT appel a une New Deal social. Il s’agit de maintenir l’emploi, de ‘indemniser le chômage et de former les chômeurs. Voilà la solution, voilà une réelle politique de crise !
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11 février 2009
Lutter contre toutes les inégalités
Avant les années 80, la gauche se disait en France, de la lutte contre les inégalités économiques. Son histoire le voulait. Mais avec les crises systémiques du début des années 80 et la poussé du néolibéralisme, la lutte contre les inégalités économiques s’est transposée sur le racisme et le sexisme en oubliant le reste. Or c’est le combat de base que la gauche a oublié un temps.
Revenons un peu sur ces années. Pourquoi les associations comme SOS racisme ont si bien marché ? Simplement parce qu’il n’était pas question de redistribution des ressources et des moyens de production. C’est un combat consensuel.
Mais, la gauche ne doit pas acquiescer ce mouvement s’en se rappeler qu’il faut lutter pour une redistribution des moyens de production. Ces deux combats sont a faire en parallèle. La Justice sociale ce n’est pas que parmi les riches nous devons voir autant de noirs que de blancs, autant d’homos que d’hétéros c’est de voir dans la société, aucune misère, aucune exploitation, en résumé, aucune classe sociale a proprement parler.
Seulement, la droite a « désamorcé la question sociale en la reformulant en problème d’identité nationale » [Le Monde Diplomatique]. Ainsi, la classe bourgeoise se maintient en se diversifiant…. Quelques jours après avoir mis en place le ministère de l’immigration et de l’identité nationale, Sarko déclara : « la diversité est bonne pour tout le monde ». Ambigüe, non ?
Il est impératif pour la gauche, de remettre au centre du débat la redistribution des richesses dans un premier temps puis la redistribution des moyens de production afin de ne pas laisser des débats identitaires faire passer le capitalisme comme unique solution au débat économique. Rappelons que Bobby Seale, cofondateur des Black Panthers déclarait il y a bientôt 40 ans : « Nous ne combattrons pas l’exploitation capitaliste grâce à un capitalisme noir. Nous combattrons le capitalisme par le socialisme. »
Il ne faut donc pas « analyser l’inégalité comme une conséquence de nos préjugés […] [mais] de notre système social. » (Walter Benne Michaels). Il est temps de remettre les vraies questions sur la table sans oublier nos combats actualistes.
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05 février 2009
Total contrôle


Cette article est tiré du site de Télérama
C'est un arbre vénérable, aux racines profondes mais au feuillage léger : l'Arbre de la liberté qu'on plantait jadis sur les grand-places et que les bourrasques de l'Histoire ont tour à tour ployé et redressé. Depuis que Nicolas le jardinier s'en est vu confier l'entretien, un méchant coup de froid s'est abattu sur lui : des branches cassent, les libertés publiques se ramassent à la pelle. Pluie de lois répressives votées par le Parlement, création d'une ribambelle de délits, alourdissement des peines, augmentation spectaculaire des gardes à vue et des condamnations pour outrage, multiplication des expulsions, des atteintes au droit d'expression et à la présomption d'innocence : Gnafron joue du bâton ! Et certains craignent qu'il ne s'attaque au tronc.
« Tous paranos ! » affirment des défenseurs de cette politique sécuritaire. Peut-être, mais l'Histoire nous y autorise. Quand le chef de l'Etat endosse un costume de justicier, il n'est pas interdit de suivre le conseil de Marc Crépon : « La question qui hante, qui devrait hanter toute démocratie, écrit le philosophe dans son dernier essai, La Culture de la peur, pourrait être la suivante : comment être sûr que les mesures de sécurité qui sont prises pour répondre aux présupposées peurs des citoyens ne portent pas en elles une insécurité plus grave encore que celles qu'elles prétendent combattre ? » Nicolas Sarkozy a été élu sur un programme sécuritaire. Qu'il se montre hyperactif sur ce front ne surprend donc personne. Et la Constitution lui en donne le droit. Mais ces lois, ces pratiques et ces discours mettent-ils les libertés fondamentales en danger ? Il nous arrive de le penser, et pas seulement en nous rasant...
Pas facile, bien sûr, de définir précisément ces « libertés publiques ». « Quand vous reprenez les manuels universitaires consacrés à ces questions, vous vous apercevez que, d'une génération à l'autre, ils n'ont pas cessé de changer de titre, observe Denys de Béchillon, professeur de droit public à l'université de Pau et successivement membre des comités Balladur et Veil (1). On a longtemps parlé des libertés publiques, puis des droits de l'homme, puis des libertés fondamentales - le champ de la définition se réduisant ou s'élargissant suivant l'époque ; et, finalement, personne n'a jamais réussi à en donner une définition complètement convaincante. » Comment s'y retrouver ? « La plus large est sans doute la plus intéressante, poursuit Béchillon. Les droits fondamentaux sont ceux, constitutionnels ou internationaux, qu'un individu peut faire valoir contre l'Etat, ce dernier étant considéré dans toutes ses subdivisions - administration, législateur, juges, etc. Mais cette définition n'est jamais qu'une convention de langage, comme celles qui l'ont précédée. »
“Comme ministre de l'Intérieur et comme
président, Nicolas Sarkozy est à l'origine
de 21 lois et de 21 décrets relatifs à la sécurité !”
En théorie, l'incertitude profite autant aux prévenus qu'à l'accusation, puisqu'il revient toujours au juge - indépendant - de dire si ce qu'on a fait est licite ou pas et de fixer en dernière instance les limites de nos libertés. Au juge - pas au Président. Mais Nicolas Sarkozy a faussé les règles du jeu en se fixant un objectif aussi intenable qu'ambitieux : l'insécurité zéro. Depuis des mois, chaque fait divers brutal le voit monter au créneau et promettre à la fois justice pour les victimes et éradication du mal pour l'ensemble de la société. Conséquence : une véritable frénésie pénale. Comme ministre de l'Intérieur et comme président, il est à l'origine de 21 lois et de 21 décrets relatifs à la sécurité ! Un empilement qui brasse tous azimuts - de la délinquance juvénile au terrorisme, en passant par les crimes de déséquilibrés - et qui privilégie presque toujours le contrôle et l'enfermement au lieu de l'éducation et de la réinsertion. Le message aux juges et aux policiers est limpide - on enferme ! -, et les effets mesurables : gardes à vue en augmentation vertigineuse (+ 67 % entre 2001 et 2007), instauration des peines planchers (9 001 condamnations appliquant la peine minimale au 1er décembre 2008), judiciarisation à gogo des infractions commises par des mineurs... La balance de la justice penche sec, gare au chavirage ! « Toute cette agitation est le symptôme d'un problème plus général, analyse l'avocat William Bourdon. Le simple fait pour un président de viser le "risque zéro" en matière de sécurité ne peut que conduire à l'enfermement plutôt qu'à la réinsertion. Des projets comme la loi Dati sur la rétention de sûreté ou l'incarcération des mineurs de 12 ans - sur lequel le gouvernement a finalement reculé - sont le signe manifeste d'une fuite en avant. »
On peut aujourd'hui, en France, être condamné à un an de prison ferme pour le vol d'une bouteille de pastis, payer 12 000 euros d'amende pour avoir installé sur la voie publique des tentes à l'intention des SDF. Et n'avoir pas d'autre choix que plaider coupable pour des délits qu'on n'a pas commis, afin d'éviter la peine de prison, comme l'ont découvert de nombreux manifestants anti-CPE. Où est passée la mesure ? « On ne saurait reprocher à des hommes politiques dont le programme électoral annonçait des changements dans le domaine pénal de modifier la loi en créant des incriminations plus fortes pour certains comportements, défend Denys de Béchillon. Du point de vue des droits fondamentaux, dans nos sociétés, seul compte le fait que cette loi soit définie par l'autorité légitime (le Parlement) et que sa conformité aux règles supérieures, nationales et internationales, puisse être contrôlée de manière effective par un juge indépendant. Au-delà, toutes les appréciations sont de nature politique, ni plus ni moins. »
“Le problème, avec toute culture de la peur [...],
c'est qu'elle n'est jamais totalement
dissociable d'une culture de l'ennemi.”
C'est pourtant l'« au-delà » qui nous intéresse. L'année 2008 laissera un souvenir amer à beaucoup trop de monde. Aux collégiens de Marciac (Gers), reniflés par des chiens policiers ; à l'ancien directeur de Libé Vittorio de Filippis ; au photographe de l'AFP Jean-Philippe Ksiazek, dont le travail a été effacé par des policiers lors d'une manifestation de lycéens à Lyon ; à Julien Coupat et Yldune Lévy, qualifiés de « terroristes » à la va-vite ; et à Hervé Eon, condamné, après qu'il eut inscrit « Casse-toi pov'con » sur une banderole, pour outrage (et non pour plagiat, alors qu'il reprenait les propos du président de la République au Salon de l'agriculture 2007 !). Amer, et même un peu plus, pour tous ces indésirables que Nicolas Sarkozy n'en finit plus de désigner. Hier, c'était les prostituées, les sans-papiers et les jeunes des cités. Le cercle s'est élargi au gré des faits divers. Les statistiques du ministère de l'Intérieur ont beau montrer que, dans un taux de délinquance en hausse, le pourcentage des mineurs mis en cause baisse, le « jeune délinquant » est devenu une obsession. Au point que son emprisonnement dès l'âge de 12 ans relèverait du « bon sens », selon la garde des Sceaux (son Premier ministre l'a contredite). Sûr que les prisons françaises, épinglées à la fois par les Nations unies et le Conseil de l'Europe, sont le cadre rêvé pour une rapide réinsertion !
« Le problème, avec toute culture de la peur [...], rappelle Marc Crépon dans son essai, c'est qu'elle n'est jamais totalement dissociable d'une culture de l'ennemi. » L'ado délinquant n'est pas seul : le malade mental est « forcément » un psychopathe dangereux. Oubliant la grande misère de la psychiatrie, Docteur Sarko ne s'intéresse qu'à cette catégorie de malades et lui promet un bel avenir : systématisation des soins sous contrainte, ouverture de 200 chambres d'isolement... Le projet de « sécurisation des hôpitaux » prend l'exact contre-pied du modèle psychiatrique des quarante dernières années, qui vise la réintégration des patients dans la société tout en les encadrant (et y parvient de moins en moins, faute de moyens). Et tant pis si les risques d'être assassiné en France par un malade mental sont infiniment moins grands que celles d'être dézingué par son voisin de palier : le rapport de la commission Violence et santé mentale dénombre qu'en 2005, sur 51 411 personnes mises en examen dans des affaires pénales, 212 ont bénéficié d'un non-lieu pour irresponsabilité mentale, c'est-à-dire 0,4 % des crimes et délits, rappelle pourtant l'« Appel des 39 », une lettre de protestation signée par des psychiatres et des psychanalystes après la déclaration de Nicolas Sarkozy. En revanche, la prévalence des crimes violents contre les patients psychiatriques est 11,8 fois plus importante que celle qui s'exerce contre la population générale... Diagnostic des « 39 » : « En amalgamant la folie à une pure dangerosité sociale, en assimilant la maladie mentale à la délinquance, est justifié un plan de mesures sécuritaires inacceptables. »
“Les policiers aussi ont peur :
ils ont peur et ils ont honte qu'on
les oblige à appliquer cette politique.”
Inacceptables et donc contestées. Mais la contestation, c'est suspect. Demandez aux trois profs de philo qui, embarqués sur un avion d'Air France pour un colloque à Kinshasa, ont décidé d'interroger les policiers qui « raccompagnaient » au Congo des sans-papiers. Le premier, Pierre Lauret, fut débarqué manu militari. Les deux autres ont été cueillis à leur retour de Kinshasa et envoyés dix heures en garde à vue. Dialogue impossible entre des citoyens concernés et les policiers chargés de... leur sécurité ? « Quand nous sommes montés dans l'avion pour Kinshasa, on nous a distribué un papier qui disait : "Une reconduite à la frontière est une décision légitime de l'Etat français", raconte Yves Cusset, un des trois philosophes. Plus tard, un des policiers s'est levé pour nous dire que, dans une démocratie comme la nôtre, il fallait respecter les lois. Et une fois que le débat fut lancé avec les passagers, il a vite été interrompu par la menace d'un autre policier : "Faites attention à ce que vous dites, ça va se retourner contre vous." Pourquoi cette fin de non-recevoir ? Parce que les policiers aussi ont peur : ils ont peur et ils ont honte qu'on les oblige à appliquer cette politique. »
“La présomption d'innocence devient
une vieillerie d'un autre temps.”
La France ne vit pas sous un système totalitaire. Il n'en reste pas moins que la distinction entre ce qui relève de la sécurité (c'est-à-dire le fait de pouvoir sortir dans la rue sans crainte) et ce qui appartient au domaine de la sûreté (la protection de l'Etat) n'est plus nette. « On a beaucoup mélangé les deux ces derniers temps, affirme l'avocate Dominique Noguères. C'est gravissime. » D'autant plus grave que, depuis l'« affaire Tarnac », un petit air de Minority Report (le film futuriste de Steven Spielberg dans lequel la police « neutralisait » les criminels avant qu'ils passent à l'acte) flotte sur la place Vendôme : on peut aujourd'hui, en France, être interpellé et emprisonné sur les intentions qu'on nous prête et non sur les actes qu'on a commis. Pas de preuves solides pour le sabotage des lignes de TGV, pas de témoins des faits à Tarnac ? Qu'à cela ne tienne, on recourt à l'article 421, du Code pénal qui qualifie les actes de « terroristes » : plus besoin d'éléments matériels, à Tarnac un zeste de soupçon fera l'Affaire. « Lorsque vous vous donnez comme impératif de gérer les événements avant qu'ils se produisent et que vous vous fixez comme objectif l'insécurité zéro, c'est toute la population qui devient potentiellement dangereuse, déclare Frédéric, du comité de soutien des inculpés de Tarnac. Il ne s'agit plus alors de déterminer si un acte est "terroriste" ou pas, mais d'évaluer une probabilité du risque. Inutile de préciser que la présomption d'innocence devient alors une vieillerie d'un autre temps. » Bien de l'époque, en revanche, est le délire verbal dans lequel sombrent certains dirigeants (et quelques médias) lorsqu'ils se targuent d'« interpréter » les indices ou les « intentions » : « Ils ont adopté la méthode de la clandestinité, soulignait ainsi sans rire Michèle Alliot-Marie après l'arrestation de Julien Coupat, d'Yldune Lévy et de leurs amis. Ils n'utilisent jamais de téléphone portable. Ils se sont arrangés pour avoir, dans le village de Tarnac, des relations amicales avec les gens qui pouvaient les prévenir de la présence d'étrangers. » Qui se sentirait encore en sécurité après avoir entendu une chose pareille ?
Drôle de modèle pour la justice. Surtout quand on apprend que cette politique sécuritaire ne marche pas : selon l'Observatoire national de la délinquance, les violences sur personnes ont encore augmenté de 2,4 % en 2008 (2), comme elles n'ont cessé de le faire entre 2002 et 2007. A se demander si le président de la République n'aurait pas viré son ministre Sarkozy... Cette surenchère pénale est d'autant moins pardonnable que le gouvernement est parfaitement informé de l'inefficacité de certaines mesures. Un seul exemple : en 2005, l'ancien garde des Sceaux, Dominique Perben, a commandé une étude sur l'effet des peines planchers sur la récidive. Elections obligent, le rapport a finalement été remis, en juin 2007, à Rachida Dati (3). Verdict ? « Notre avis ne souffrait d'aucune ambiguïté, raconte le sociologue Sébastian Roché, qui a participé à ce travail. Nous avons informé la ministre que ces peines n'avaient pas l'efficacité qu'on leur prêtait et qu'on pouvait en mesurer l'inefficacité. Ceux qui pensent qu'on améliore la sécurité du citoyen en punissant plus longtemps se trompent. C'est même le contraire qui est vrai : ces peines poussent les jeunes dans une délinquance au quotidien. » Roché n'a plus jamais entendu parler de cette étude et notre courriel à la garde des Sceaux est resté sans réponse. Le 10 août 2007, la loi sur les peines planchers a été votée au Parlement.
Et si la lutte contre l'insécurité n'était qu'un objectif marginal de cette politique sécuritaire ? Si l'objectif principal était, en fait, ce que le sociologue Laurent Mucchielli appelle le contrôle social ? Sinon, pourquoi tant de fichiers (34 en 2006, 45 en 2008), pourquoi ce souci d'en savoir plus - toujours plus ! - sur des catégories toujours plus larges de la population ? Ceux qui n'ont « rien à se reprocher », bien sûr, n'ont rien à craindre. Mais aujourd'hui, pour être dans le bon wagon, obéir à la loi ne suffit plus : il faut aussi être dans la norme. Travailler plus pour gagner plus. Contester dans les clous et continuer de regarder France Télévisions quand son président sera nommé par le nôtre. A moins que... « Ceux qui sont prêts à abandonner un peu de leurs libertés fondamentales en échange d'un peu de sécurité illusoire ne méritent ni les unes ni l'autre », rappelait Benjamin Franklin. On peut donc s'indigner. Refuser la norme, s'accrocher à l'Arbre et à nos libertés.
Olivier Pascal-Moussellard
Télérama n° 3080
(1) Comité Balladur de réflexion sur les institutions de la Ve République (2007) ; comité Veil de réflexion sur le préambule de la Constitution (2008).
(2) La délinquance globale, elle, a baissé, grâce à la diminution des vols.
(3) Rapport de la commission d'étude et de suivi de la récidive, 28 juin 2007.
A lire
La Culture de la peur, de Marc Crépon, éd. Galilée, 124 p., 20 €.
La Frénésie sécuritaire, sous la direction de Laurent Mucchielli, éd. La Découverte, 138 p., 10 €.
Cette article est tiré du site de Télérama
23:35 Ecrit par MJS Savoie dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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01 février 2009
Nouvelle équipe de l’UMP, Bonaparte a choisi
Article pris au MJS national
Si la démocratie chez les socialistes fait parfois beaucoup de bruit, son absence à l’UMP ne peut être passée sous silence.
Nicolas Sarkozy vient de livrer la dernière promotion des sujets de la cour présidentielle.
Gouvernement, instances de l’UMP, candidatures européennes, ce jeu de chaises musicales orchestré ces dernières semaines depuis l’Élysée est une mascarade démocratique. Le bureau de l’UMP adopte docilement les choix du Président.
Le fonctionnement de l’appareil d’État subit les conséquences de ces changements incessants et les citoyens en paient indirectement la note : remaniements gouvernementaux chroniques, discontinuités dans la gestion des dossiers ministériels, changements incessants dans les administrations... Le gouvernement devient une variable d’ajustement dans les combinaisons internes de l’UMP.
Le président de l’UMP, Président de la République doit cesser le mélange des genres et sortir de la gestion clanique du pays.
***********
JDD, le 24/01/2009 :
"Du poil à gratter pour le Mouvement des jeunes socialistes
Ce n’est un secret pour personne, le Parti Socialiste doit son existence à l’UMP. La preuve en est, la venue de Nicolas Sarkozy, samedi 24 janvier à la Mutualité de Paris, a permis au Mouvement des jeunes socialistes de sortir de l’ombre pour épingler le penchant déspotique du président de la République : "Nicolas Sarkozy vient de livrer la dernière promotion des sujets de la cour présidentielle". "Si la démocratie chez les socialistes fait parfois beaucoup de bruit, son absence à l’UMP ne peut être passée sous silence"
Nouvelobs.fr, le 25/01/2009 :
""Nicolas Sarkozy vient de livrer la dernière promotion des sujets de la cour présidentielle", a ironisé le Mouvement des jeunes socialistes, "si la démocratie chez les socialistes fait parfois beaucoup de bruit, son absence à l’UMP ne peut être passée sous silence"."
11:31 Ecrit par MJS Savoie dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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21 janvier 2009
Crise législative
L'UMP tente de faire taire l'opposition, les socialistes, communistes, verts et républicains du groupe UMP s'offusque et demandent la démission du président de l'assemblée.
12:06 Ecrit par MJS Savoie dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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